Nouveau contrat de travail

Publié le 16 January 2008, par Babozor

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Vous en avez sûrement entendu parler depuis quelques semaines/mois… la réforme du contrat de travail.
Trois organisations syndicales (la règle pour faire passer la réforme) viennent donc de signer l’accord, rendant possible une loi et donc un vote à l’assemblée nationale, mais qu’est ce donc que ce nouveau contrat de travail (en résumé et à ce que j’ai cru comprendre):
- un CDD bizarre entre 18 et 36 mois, réservé aux ingénieurs et cadres dans le cadre d’une “mission longue durée”, non renouvelable, avec indemnité de 10% en cas de rupture.
- période d’essai variable suivant les branches professionnelles, mais durée des stages de fin d’études compris dans cette période.
- rupture de CDI “conventionnelle”, en gros quand les deux parties sont d’accord… une sorte de divorce à l’amiable.

Quelques menus aménagements:
- ancienneté passe de 3 à 1 an
- délai de carence de 11 à 7 jours
- garder sa couverture santé pendant le premier tiers de sa période d’indemnisation (au moins 3 mois)
- garde son solde de DIF (Droit Individuel de Formation)

Je suis toujours un peu gêné quand on parle de modification du contrat de travail, car je pense fondamentalement qu’on pars dans le mauvais sens. On va légiférer en particulier pour des contrats précaires de longue durée pour les ingénieurs et cadres et pour une souplesse dans le licenciement.
Soyons clair, je n’ai rien contre les entrepreneurs ou le patronat en général (c’est grâce à eux que je trouve du travail), mais je n’ai aucune confiance dans le bon fonctionnement de ces dispositifs (qui seront exploités dans un sens ou dans l’autre).

Rupture de CDI d’un commun accord
Sans vouloir diaboliser une fois de plus le patronat, il est relativement facile de faire signer plus ou moins sous la contrainte ce genre d’accord. Je me suis fait virer plusieurs fois (deux fois en fait) et à part accepter ce fait et tenter de se remettre en chasse d’un autre travail au plus vite, on ne peut pas faire grand chose (oui je sais les prud’hommes, mais ça mets des mois à aboutir et dans certains cas les faits sont relativement pas évident à prouver). Prenez d’un côté un salarié désemparé (puisqu’on vient de lui annoncer qu’on le jettes dehors) et en face toute l’équipe ressource humaines (j’ai toujours détesté ce terme, puisque dans la plupart des cas ça n’a rien d’humain, bref!) qui fait pression pour faire signer le papier… et on s’aperçois que la réforme avantage clairement l’entreprise au détriment du salarié.

CDD de mission longue durée
La aussi, la réforme permet à l’entreprise une flexibilité inadaptée à mon sens. Maintenir dans la précarité (j’y reviendrais un peu plus tard) un salarié pendant 3 ans, avec une malheureuse prime de 10% en cas de rupture? Utra abusé. C’est surtout le “terme incertain et pour réalisation d’un objet défini” qui me fait sortir de mes gonds.
On peut très bien choisir comme objet “réalisation du site web”, tout le monde ici comprendra que le terme est plus qu’incertain (suivant qu’on parle du site du magasin du coin ou d’un site web de e-commerce communautaire web 2.0…) en gros on peut faire rentrer un peu tout et n’importe quoi, du moment que ça dépasse 18 mois… et à mon sens au bout d’un an et demi on devrait être en CDI, pas en CDD (mais c’est mon avis personnel)

Plus de précarité pour les Travailleurs Du Web
Quels sont les conséquences de ce futur accord/loi. Plus de précarité pour nous tous… la peur de se faire virer sans les avantages auxquels on pourrait aspirer (juste en profitant de notre faiblesse et en nous mettant un vieux gros coup de pression), la peur de voir son contrat terminé parceque l’objet défini est réalisé (et donc sujet à interprétations divers et variés), de rester dans l’attente de la validation de son embauche (période d’essai) encore plus… Plus de flexibilité pour les entreprises, plus de précarité pour nous.
Je pense fondamentalement que c’est le mauvais chemin que suit en ce moment le gouvernement. Ce n’est pas en copiant le modèle américain (qui fourmille de cumulard 2 voir 3 jobs pour survivre, job sous payés et de merde) qu’on arrivera au “plein emploi” (vieille illusion capitaliste, limite marxiste-vichiste, où tout le monde travail dans la joie pour le bonheur de la patrie). Je pense au contraire que le but est d’essayer de former plus et mieux les travailleurs, de tenter de les fidéliser, de construire des équipes et des entreprises soudées, innovantes et motivées. Ce n’est pas en mettant une guillotine au dessus de leurs têtes qu’on y arrive.

C’est ma vision et mon opinion, et vous vous en pensez quoi de ce fameux nouveau contrat?

[ps: petit aparté, c’est peut être une des seules choses pour lesquelles je serais prêt à poser des jours de vacances et à aller descendre dans la rue pour afficher mon mécontentement!]

[pss: autre aparté, comment peut-on conditionner ces “accords” à la signature de trois syndicats qui ne sont pas représentatifs des français qui travaillent?]

Quitter un boulot “proprement”

Publié le 25 September 2007, par Babozor

Voilà, que ce soit de votre initiative ou de celle de votre employeur, la décision a été prise… vous vous quittez (snif)!
Comment faire pour que cette séparation (qu’on espère pas trop douloureuse) se passe bien.

1. Informez vous
Peu importe la forme, que ce soit pour une démission, une fin de période d’essai (aussi bien par l’employeur que le travailleur) ou un licenciement… vous avez des droits et des devoirs. Renseignez vous c’est important, sur le délai de départ, les conditions, les indemnités auxquelles vous avez droit, les lettres de recommandation, etc… Renseignez vous le plus tôt possible, pour ne pas être pris au dépourvu le jour de votre départ.

2. Définissez une date de départ
Le plus souvent, la convention collective ou votre contrat de travail prévoit un délai minimal avant votre départ… une semaine par mois travaillé pour les périodes d’essai en général, trois mois pour les cadres, etc… ,il n’empêche ce délai est négociable, donc si cela vous arrange, négociez. Demandez une entrevue avec votre responsable et négociez une date de départ, mais attention négociez une date ferme, le genre “quand le projet sera finit” ça ne marche pas! Vous pouvez négociez ce délai à la baisse mais pas à la hausse… en aucun cas, si votre délai est de trois mois, après réception de votre démission par exemple, vous ne pourrez pas passer quatre mois dans l’entreprise (sauf arrangement avec votre boss bien sûr!)

3. Définissez les objectifs à atteindre (avant votre départ)
Définissez clairement les objectifs (réalistes) à atteindre pendant vos X semaines/mois de présence dans l’entreprise. Cette liste d’objectif doit être précise et pas complètement farfelue, des objectifs tenables dans le temps imparti.

4. Respectez (plus ou moins) les horaires
Même si votre démotivation est grande, essayez de respecter plus ou moins les horaires… même si il ne vous reste que quelques semaines, si vous ne travaillez pas suffisamment vous vous exposez à des coupes franches dans votre chèque de fin de contrat (et ça c’est pas cool). C’est normal d’arrêter les horaires de barbare, les longues soirées au bureau, mais respectez des horaires de bureau standard.

5. 2h pour recherche d’emploi
Si la fin du contrat est à l’initiative de l’employeur et que la durée du préavis n’a pas été réduite, vous êtes en droit de prendre deux heures sur votre temps de travail pour essayer de chercher un nouvel emploi. Cela veut dire deux heures que vous pouvez passer au bureau pour checker les sites d’emploi ou envoyer des mails ou téléphoner, mais aussi deux heures pour aller à d’éventuels rendez-vous. Suivant les entreprises, ces deux heures peuvent être cumulables en fin de contrat (ce qui vous permet éventuellement de partir plus tôt)

6. Vacances - RTT
N’oubliez pas vos jours de vacances qui si ils sont dûs, doivent vous être payés, si ils n’ont pas été pris. Vous pouvez prendre vos jours de vacances, mais ils retarderaient votre date de départ (ils ne sont pas pris en compte dans le nombre de jours travaillés). Par contre les RTT, doivent être pris, car ils ne vous seront pas payés, donc si vous avez un gros solde de RTT, pensez à les prendre… les RTT eux rentrent dans les jours de travail (puisque techniquement ce sont des jours de récupération) donc ne retardent pas votre date de départ.

7. Rendez un ordinateur propre
On vous a confié un ordinateur, faites le ménage, retirez tous les documents personnels (musique, films, fichiers perso, etc…), logiciels tiers installés et pas spécialement utiles pour la personne qui viendra après vous. Pensez à sauvegarder et transmettre tous les documents de travail qui ne sont pas sauvegardés sur le réseau par exemple…

8. Comptabilité
Renseignez vous avant votre départ, que votre chèque vous attendra bien le jour de votre départ (c’est une obligation, c’est la loi, sinon ne signez pas votre solde de tout compte). Assurez vous qu’ils n’ont pas oublié de jours travaillés, de jours de vacances, etc… c’est important, même si après vous pouvez contester le montant ou le calcul de votre solde de tout compte, si vous êtes encore sur place c’est beaucoup plus simple.

9. Un dernier au revoir (ou adieu)
Pensez à faire un petit tour et dire au revoir aux personnes avec qui vous avez travaillé. Vous pouvez si vous le souhaitez organiser un petit pot (mai c’est optionnel) ou même un petit verre dans un bar à côté du boulot pour les personnes que vous aimez bien. C’est au choix, mais dire au revoir aux gens avec qui vous avez travaillé entre 8 à 12 heures par jour, c’est toujours sympa.

Le web est un petit secteur et au fil des années j’ai croisé et re-croisé certaines personnes que je ne pensais plus jamais voir (des fois ça fait plaisir, des fois non…), donc évitez le départ “à la chacal”, d’abord parceque c’est pas bien, et ensuite parcequ’il y a un fort risque que ça se sache dans le milieu et que vos parcours professionnels se recroisent. Donc soyez beau joueur et faites ça proprement.