Archive pour la catégorie ‘Divers’

L’expérience concluante de Louis CK

Publié le 25 December 2011, par Babozor

Voilà une bonne nouvelle en cette période de fête… Louis CK (pour ceux qui ne le connaissent pas, un humoriste de standup américain qui a créé deux séries aux USA, très connu et comme il se définit lui même un “trou du cul professionnel”) l’a annoncé il y a de cela quelques jours, après avoir proposé son dernier spectacle auo-produit (filmé et monté à ses frais) en téléchargement au prix unique de 5 dollars, il vient tout juste de dépasser le million de dollar de recette.
Il suit l’exemple de Trent Reznor ou de Cory Doctorow dans ce type d’expérience qui ont pour but de tenter de mieux redistribuer les recettes par rapport aux artistes et collaborateurs…

LouisCK

Voici donc quelques extraits de ce qu’il dit (et ma traduction approximative):

Hello, ça fais à peu près 12 jours que le “machin” a démarré et hier nous avons atteint le chiffre fou. Un million de dollars. C’est beaucoup d’argent. Beaucoup trop. Je ne me suis jamais retrouvé avec un million de dollars tout d’un coup. Comme nous partageons tous cette expérience et puisque c’est votre argent, je voulais vous faire savoir ce que je vais en faire. Certains sont attentifs à ce qui se passe avec ce “machin”, donc je penses qu’il est juste que je donnes l’exemple de ce que vous pouvez faire avec un million de dollars que des gens vous donnent, parceque vous racontez des blagues.

Donc je vais partager le million en quatre parts égales.

Les premier 250k va servir à rembourser les coûts de production et de fabrication du site web.

La deuxième part va aller au staff et aux gens qui travaillent pour moi sur ce spectacle et sur la série. Je vais leur filer un bon gros bonus.

La troisième part de 280k va aller à différentes oeuvres caritatives. Elles sont listées ci-dessous au cas où vous voudriez leur donner aussi. Certaines je les ai connu via des amis, certaines m’ont été recommandées via twitter

The Fistula Foundation
The Pablove Foundation
charity: water
Kiva
Green Chimneys

Cela me laisse 220k pour moi. Une partie va payer mon loyer ou les frais pour mes gamins. Le reste va aller à des trucs affreux et horrible qui ne vous regardent pas. Dans tous les, pour moi, 220k sur un million est pus que suffisant

Je n’ai jamais vu l’argent comme étant “mon argent”, je l’ai toujours vu comme étant “l’Argent” comme une ressource. Si il en a qui va dans ma direction, il est normal de le remettre en circulation.

Le “machin” est toujours en vente. J’espère que les gens vont continuer de l’acheter. Si cela fait un autre million, j’en refilerais encore plus, je vous tiendrais au courant que cela arrivera, parceque j’aime vous tenir au courant de ce que je fais avec vos 5 dollars et blablabla.

Bon, faut que j’y ailles maintenant, encore merci. Je vais arrêter de vous emmerder, j’aime pas trop être dans la lumière des projecteurs donc je vais disparaitre pendant quelque temps.

Bonne vacances.
Louis C.K.

ça date du 21 décembre et c’est disponible ici

Comme les expériences précédentes (celles de Trent Reznor ou de Cory Doctorow pour ne citer qu’elles), cela démontre une fois de plus que talent, production indépendante et transparence permettent à des artistes plusieurs choses:
- se passer des réseaux “traditionnels” de distribution
- quand on offre un produit de qualité à un prix raisonnable, cela se vend
- quand on offre des fichiers de qualité (ici dispo en version SD et HD au format MP4 donc lisible sur la plupart des terminaux disponibles, la qualité vidéo et audio est au rendez-vous même pour ce prix) et sans DRM cela se vend
- de redistribuer l’argent comme il le veulent, pas de contrat contraignant, c’est leurs tunes ils en font ce qu’ils en veulent… et souvent la redistribution, quand ils en ont la possibilité, est juste et souvent bien vue (avec en priorité les collaborateurs, les gens qui ont aidé au développement, etc.)

Certes certains diront que cela marche car Louis CK est déjà connu (comme Trent Reznor ou Cory Doctorow d’ailleurs) et que cette démarche (d’auto-produire son spectacle et y investir une somme non négligeable) est quasiment impossible pour un artiste inconnu… et je serais plus ou moins d’accord. Il n’empêche cela continue d’ouvrir la brèche pour les productions indépendantes et permet de montrer du doigt les majors, qui font payer un prix outrageusement élevé les oeuvres vendues, avec une qualité de production souvent bien en dessous, avec des supports bourrés de DRM et un système de répartition des profits profondément injuste.

Moi j’ai acheté le spectacle de Louis CK, j’ai payé mes 5 dollars et je ne l’ai pas regretté, il est drôle (moi en tout cas ses blagues ça me fais rire) le fichier est de bonne qualité, j’ai passé un bon moment, valant largement les 5 dollars et je sais ce qu’il en a fait, donc aucun problème.

Et vous vous en pensez quoi de ce genre d’expériences?

Le web en 512kb… retour à la préhistoire du Web

Publié le 16 December 2011, par Babozor

512ko
(photo honteusement piquée ici et bidouillée comme un gros vilain…)

[Comme le fais si justement remarquer "nado" c'est KiloByte et non KiloOctets... et encore c'est du 512 théorique, je dépasses rarement les 60ko/sec en traffic descendant et le 10 en traffic remontant... donc je rectifie les ko en kb]

Ceux qui me suivent un temps soit peu sur les différents réseaux sociaux et sur LaGrotteDuBarbu le savent, depuis Septembre j’ai quitté Paris pour rejoindre la magnifique région du Centre, plus particulièrement le département de l’Indre et pour être encore plus précis Néons Sur Creuse (398 habitants et plus précisément encore dans un hameau d’une dizaine de foyers appelé “Champagne”, ça ne s’invente pas). Région magnifique, bouffe géniale et web calamiteux (en tout cas où j’habites) mais après avoir vécu la fibre à Paris, qu’est ce que ça veut dire revenir à 512kb?

512kb et pas mieux
Malgré des appels répétés aux différentes instances, pris la tête aux gens de France Telecom et d’Orange, je dois me contenter d’une ligne à 512kb… il existe certes d’autres solution, comme le satellite, mais qui a clairement ses limites (vous avez des plafonds de bande passante qui se réduisent au fur et à mesure et le traffic remontant passe par la ligne téléphonique). Pas d’installation de câble ou de fibre dans un futur proche pour notre petite bourgade, on va devoir s’arranger avec du 512kb

Des sites web lents
La première chose qui choque c’est le lenteur de certains sites web… la page en elle même est lourde et mets un temps infini à charger, on sent physiquement les différents modules qui viennent alourdir encore un peu plus le chargement de la page, tous ces javascripts, ces appels de librairies externes, ces services sociaux (widgets facebook, bouton twitter, commentaires venant de Google+, etc…). Je ne me lancerais pas dans une diatribe envers ceux qui n’optimisent pas ou peu leurs images, puisqu’il m’a fallut faire 350 km et revenir à la préhistoire du web pour voir à quel point optimiser ses images est important.

Patience, patience et encore patience
C’en est presque un jeu psychologique, vais-je avoir le patience d’attendre que l’image du header qui fait plusieurs mégas daigne se charger? Ai-je vraiment besoin de checker cette syntaxe de fonction que je connais pourtant par coeur (ou ne serait-il pas temps que je m’achètes un de ces lourds bouquins si pratiques pour caler les pieds de table)?

Savoir choisir son activité, pas de multi-tasking réseau
Autant avec un très haut débit, la question ne se pose, ici vous allez devoir faire un choix:
- checker votre email
- regarder tel ou tel site web
- torrentifier le dernier épisode de “Beavis and Buthead”
- choper le dernier épisode de l’apéro du CaptainWeb
- faire une mise à jour de certains de vos softs
- traîner sur votre lecteur de flux RSS (qui pré-charge une partie des flux et des images) préféré
- travailler
- tenter de skyper la famille…
Choisissez bien parceque si par exemple vous remettez à jour votre version de MarsEdit, qui pèse quelques dizaines de méga, action indolore il y a encore quelques mois, cela risque bien de vous prendre quelques dizaines de minutes en 512 kb et vous empêchera tout autre activité réseau… et oui pendant que vous mettez votre soft à jour, votre mailer mettra plusieurs minutes ne serait-ce qu’à s’afficher, Argh!

Pleins de services inutilisables
Enormément de services qui j’utilisais ou que j’aimerais utiliser sont désormais plus ou moins hors d’usage.
Quelques exemples:
- Evernote: un très bon soft de stockage d’infos, de photo, tagable, etc… j’ai plus ou moins toute ma vie sur Evernote, qui se synchronise entre mes différents ordinateurs, mon téléphone, etc… Tenter d’uploader des documents scannés tel quel est impossible, un fichier de 20 Mo doit mettre 20 minutes à uploader ce qui rend le soft tout simplement inutilisable (sans parler du blocage du reste de la bande passante)
- streaming en général: que ce soit spotify (même si je l’utilises quasimment jamais) mais aussi Youtube, se sont des activités presque à bannir totalement, même en réglant la vidéo à sa qualité la plus pourrie (240p) pour regarder une vidéo d’une minute, il vous faudra au moins patienter 5 minutes avant de pouvoir la lancer sans coupure intempestive.
Oubliez donc toutes les activités tel que stockage sur “le cloud” et autres services web gourmands en bande passante, au mieux cela encombrera votre ligne, au pire cela ne marchera juste pas.

Une distribution géographique du web profondément inégalitaire
L’histoire est singulière puisqu’on ne se trouve pas dans le désert, il y a des villes et des villages un peu partout, ma fille va à l’école à La Roche Posay à une dizaine de kilomètres de chez nous et ils ont un web très correcte… mais nous sommes au confluent de trois département: la vienne, l’indre et l’indre et loire. Yzeures sur Creuse et à quelques kilomètres et possède un DSLAM qui pourrait nous garantir une bande passante plus que correcte, mais cette ville est administrativement dans l’Indre et Loire, donc impossible de s’y raccorder.
Cela montre l’absurdité de la situation, un système de distribution télécom et web encore empêtré dans des questions administratives.

C’est pas la joie mais on survie
Bon, depuis tout à l’heure, je pleures, je me lamantes, mais tout n’est pas si triste. J’arrive à travailler (et c’est bien là le principal), à regarder mes flux RSS (lentement) et j’arrive même à torrentifier mes séries préférées (qui tournent pour certains une grosse partie de la nuit). Ce n’est certes pas pratique, mais on survit, cela complique un peu certaines choses, mais je n’échangerais pas mon bout de campagne avec son web pourri contre un apart parisien et sa fibre fulgurante.

Et vous, les gentils TravailleursDuWeb campagnards vous gallérez autant que moi? Je veux entendre vos histoires de web ultra pourri dans les commentaires pour me soutenir psychologiquement ^^

OpenData Paris – Paris libère partiellement ses données (enfin…!)

Publié le 6 February 2011, par Babozor

A souligner une très bonne initiative de la ville de Paris qui a décidé de libérer une partie de ses données… et de les ouvrir dans un licence ouvert à tous sur ParisData

Ouvrir les données publiques, un mouvement nécessaire
Cela fais maintenant quelques années qu’on sens un frétillement dans ce domaine, un changement de politique. Pendant des années, les villes, gouvernements et organismes territoriaux gardaient précieusement leurs données, interdisant de les reproduire, les revendant à prix d’or aux entreprises qui pouvaient se les offrir. Ce temps est plus ou moins révolu (il reste encore pas mal de poches de résistance) avec les initiatives comme celle du Guardian’s en Angleterre sur FreeOurData, qui demandait la libération des données produites et mises à jour par le contribuable, ou encore les efforts de la communauté de Rennes (cf Hugues Aubain et sa présentation au Lift10 à Marseilles) qui donne accès à tous les infos des transports urbains.
Paris s’y mets enfin et c’est très bien…

parisdata_siteweb.jpg

Premier pas pour la ville de Paris
Il y a certes pour l’instant peu de données, des données assez génériques, mais des données fondatrices:
- fichier vecto des trottoirs
- données géographiques
- relief naturel
- mobilier urbain
- alignement d’arbres
- équipement de proximités
- nomenclature des voies
Tout pour vous faire une cartographie précise et libre de la ville de Paris en somme

Vous y trouverez aussi quelques données beaucoup plus précises et spécifiques, comme:
- statistiques de prêt dans les bibliothèques
- arrêts municipaux d’insalubrité
- liste des établissements scolaires
- statistiques des actes d’états civils
- liste des bureaux de vote
- liste des prénoms enregistrés
etc…

Des données super intéressantes
Il y a certes peu d’informations, mais elles sont intéressantes à plus d’un titre. La première est que vous avez toutes les informations de base pour vous recréer sans service tiers (que ce soit google maps, mappy ou un autre) la cartographie extrêmement précise et détaillée de la ville de Paris. Vous avez aussi accès à des données intéressantes, mais surtout il sont sous une licence qui plaira à plus d’un. En effet la licence (un résumé est lisible ici) vous permet de partager, créer et adapter les données, du moment que vous mentionnez la paternité, que vous gardez les données ouvertes et que vous les partagez dans des conditions identiques. Cela ressemble fort à un GPL pour les data (dérivée apparement de la licence ODbL) et cela permet aux particuliers et/ou enthousiastes de s’amuser avec, et protège le collectif des utilisations commerciales.

opendata_paris_trottoirs.jpg
un exemple des données dispo: le fichier complet vecto des trottoirs de Paris

Des mashups et mix passionnants en prévision
J’avoues j’ai joué un peu avec les données (surtout les données des trottoirs et les prénoms par année de naissance) et c’est pour le moins touffu… beaucoup d’informations, parfois mal organisées mais qui ont le mérite d’exister.
Rien qu’en regardant le titre des différentes données disponibles, je peux voir les applications possibles, les mashups délirants que cela va permettre et ça c’est très bien… cela permettra de redonner la main à tous ceux qui le veulent pour moudre un peu toutes ces données.

En conclusion
Très bonne initiative, même si le nombre de données reste aujourd’hui limitées… on attends que d’autres organismes (comme la RATP ou la SNCF) suivent le mouvement et libèrent enfin leurs données. Un potentiel d’innovation et de partage juste démentiel, moi j’adore. Je suivrais l’évolution de tout ça de très prêt.

Ce que 3 ans de LaGrotteDuBarbu m’a appris

Publié le 7 November 2010, par Babozor

Voilà un peu plus de trois ans que j’ai lancé un projet un peu barjot: LaGrotteDuBarbu, un podcast vidéo plus ou moins régulier avec comme point central le DIY et ce que j’appèles le “casual hacking”. Une caméra, un peu de temps (et des soirées/nuits un peu réduites), quelques idées, un peu de matériel et c’est parti… et contre toute attente ça dure depuis presque trois ans, avec en moyenne entre 10 et 15 000 vues par épisode et une bonne cinquantaine d’emails reçus chaque semaine (au dernier comptage j’ai plus que 280 emails à répondre, désolé si les réponses sont parfois super longues).

Que m’a donc appris cette aventure? Pleins de choses, en fait:

IMG_0415.jpg
Un projet un peu fou: le casque de DarthVader en Pepakura

1. Des remords plus que des regrets
Vous avez une idée, mais vous ne savez pas si ça va marcher? Et bien tentez l’aventure plutôt que de toujours reculer, même si vous n’avez pas tout le matos, toutes les connaissances, etc… mieux vaut tenter et se planter, que ne rien faire et regretter quelques mois après.

SANY0011.jpg
Leçon retenue: meuleuse + short = mauvaise idée

2. Trouver les bons outils, indispensable…
Que ce soit pour découper du plexiglas, percer des trous, monter un pc, fabriquer un casque de clonetrooper, ou encore pour produire un podcast vidéo, si vous trouvez les bons outils, les bons process, c’est déjà 50% gagné (et on voit sans trop de mal le rapport avec TravailleursDuWeb)

IMG_0326.jpg

3. Donnez, et vous recevrez
C’était déjà le principe pour ce blog, ça a aussi été celui, fondateur pour LaGrotteDuBarbu: basé sur le beerWare (vous faites ce que vous voulez du podcast, si ça vous plait et que vous me croisez, payez moi une bière) et sur le fait que si on se base sur l’intelligence collective on va plus loin. Une réponse démentielle au projet, du monde qui regarde ma vilaine tête et mes projets un peu débiles (c’était déjà la première surprise) et beaucoup beaucoup de réponses: des conseils, des encouragements, des insultes (très peu soyons honnêtes), des propositions de projets cools ou bizarres…

IMG_0269.jpg

4. Du fun, du fun, du fun
Balancer pas loin de 80 épisodes (d’une petite demi heure en moyenne) c’est beaucoup de boulot, donc si vous vous enmmerdez ou que vous ça pour le fric (ah ah ah elle est bonne celle là… pour le fric) vous êtes mal parti. Votre première motivation doit donc impérativement faire des trucs qui vous plaisent, sur lesquels vous vous éclatez, sinon les 5-6 heures de montages par épisode vous sembleront bien longs.

IMG_0274.jpg
Le setup un peu sommaire de prod de LaGrotteDuBarbu: une caméra, un ordi, un mirco

5. Partager sa passion, toujours une bonne idée
Peu importe votre passion (cela peut être la reproduction des crustacés, le crochet ou encore le catch cambodgien) vous pouvez vous adonner seul à cette passion dévorante, ou bien échanger avec d’autres afficionados de cette même passion. Que ce soit clair, plus on est plus c’est fun et surtout cela à tendance à décupler votre passion, en vous ouvrant de nouveaux horizons, ou de nouvelles voies. Mon conseil, partagez (même si votre projet vous semble bancal ou foirreux, les autres vous aideront à recadrer tout ça)

IMG_0180.jpg
Mon nouveau pied d’écran… en légo

6. Etre à l’écoute
Pour qu’un échange soit fructueux il doit aller dans les deux sens (ça paraît con dis comme ça, je sais), donner mais aussi recevoir et donc être à l’écoute des autres, de leurs avis, de leurs suggestions, de leurs projets, de leurs difficultés, de leurs succès. Il faut aussi être à l’affut de tout ce qui passe dans votre communauté, que ce soit via une mailing list, un forum, 237 flux rss…

IMG_0317.jpg
Une tentative (plus ou moins désespérée) de rangement de ma grotte

7. Apprendre de nouvelles choses, de nouvelles techniques, de nouveau matériaux
C’est sans doute la partie que je préfère: être devant un problème, trouver une piste quelque part, mais cela nécessitera d’apprendre quelque chose de nouveau. Que ce soit un nouvel outil (j’ai récemment ré-appris à utiliser correctement un pied à coulisse non numérique), un nouveau procédé, un nouveau logiciel, un nouveau matériau, une nouvelle technique, je me comporte comme un éponge, j’emmagasine, j’enregistre et j’essayes, j’apprends… et c’est toujours passionnant.

IMG_0287.jpg
Ma SuperNES qui est tombée par terre… et réparation imminente prévue

8. On apprend plus des Fail que des réussites
Là non plus ce n’est pas une surprise, que ce soit de comprendre que porter des gants et des lunettes de protection c’est indispensable (avec un presque Fail fatal pour un de mes yeux, pas cool du tout j’avoues, mais leçon apprise), ou encore que certaines choses ne se comportent pas comme on l’espérait, les erreurs sont élément indispensable dans le processus d’apprentissage. Même quand les choses en apparence se passent bien, on peut toujours mieux faire, faire plus efficace, ou d’une autre façon, des micro-fail en quelque sorte… et même de ça on apprend beaucoup.

SANY0568.jpg
Mon casque de CloneTrooper… trop petit comme d’hab mais du bon fun et un résultat plutôt pas mal du tout

9. Une bonne préparation est indispensable
Vous voulez un résultat pas trop dégueulasse? Une des leçons de ces heures passées dans ma grotte, c’est que prévoir un minimum, réfléchir et préparer aussi bien un sujet qu’une plaque de MDF pour être peinte vous évitera beaucoup d’ennuis. Y aller à la bourrin c’est bien, se renseigner et préparer c’est beaucoup mieux.

SANY0286.jpg
Mario et son clône

10. Rien n’est impossible (c’est juste parfois long et/ou couteux)
C’est la dernière leçon, sans aucun doute la plus gratifiante. Peu importe le domaine, le niveau de complexité plus ou moins apparent, rien n’est impossible, il vous suffit de vous renseigner, d’apprendre les différentes techniques, de foirrer, de foirrer encore et encore, de découper ça en morceaux plus accessible et RIEN n’est IMPOSSIBLE. J’ai touché à des domaines que je pensais franchement inaccessibles, j’ai démonté (et réussi plus ou moins à remonter) des objets que je pensais intouchables, et fais bien plus que ce que je pensais pouvoir faire.

Voilà presque trois ans et (bientôt dès que l’épisode Saison 03 Episode 0F sera en ligne) 81 épisodes de casual hacking, beaucoup de travail, d’énergie, énormément de fun, une réponse de la communauté hallucinante et une expérience juste démentielle. Beaucoup de leçons apprises, encore bien plus à choper…

Carte Musique Jeunes – une honte et aucunement une parade contre le “piratage”

Publié le 7 November 2010, par Babozor

La fameuse carte Musique Jeunes viens de se lancer dans le brouhaha et la confusion la plus complète… le but affiché est “d’habituer” les “jeunes” à acheter de la musique en ligne.

carte_jeune_musique.jpg

C’est quoi cette carte?
Vous en avez certainement tous entendus parler lors du débat sur la fameuse loi Hadopi, pour complémenter la partie répressive de la loi, notre gouvernement a décidé de sortir un dispositif spécial où l’Etat sponsorise à hauteur de 50% certains achats de musique en ligne.
Si on résume, vous vous inscrivez, vous versez 25 euros et vous avez pour 50 euros de musique achetable en ligne sur divers plateformes de téléchargement légales.
(je résume volontairement et je ne rentrerais pas dans le débat de la faisabilité)

Dresser les jeunes
Le but de ce dispositif est simple, puisque aujourd’hui les jeunes ne payent plus leur musique mais ils se comportent en pirates, en téléchargeant illégalement le dernier album de Lady Gaga ou de Michel Sardou (bon pour le deuxième je sais pas trop si des jeunes téléchargent vraiment ça, on sais jamais)… on va leur donner le moyen d’avoir deux fois plus de musique, mais seulement si ils passent par les plateformes légales et payantes.
Mmmm… rien qu’en l’écrivant ça me paraît bizarre… on m’échange un truc gratos, contre un truc payant à moitié prix (ou plus précisément le double pour le même prix), c’est bien ça le but de tout ça?

Perfusion pour majors
Le but est pourtant clair, il est de d’abord contrebalancer le côté répressif de la loi (même si l’offre est ridicule) pour faire taire certains détracteurs, mais surtout il est d’entretenir les maisons de disques dans la situation actuelle… et de continuer avec un système de distribution mourrant, à l’agonie mais qui refuse passer l’arme à gauche.

Ce qui me choque
Dans tout ce dispositif (somme toute assez foirreux) et la battage qui en est fait il y a beaucoup de choses qui me choquent:
- pourquoi ne réserver ça qu’aux jeunes? il n’y a donc que les jeunes qui écoutent de la musique? Moi je suis trop vieux, donc déjà dans le moule, j’achètes mes CD à la Fnac comme un gros boeuf, donc je n’ai pas droit à cette offre. Pour moi ça ressemble à de la discrimination…
- pourquoi sur un montant aussi ridicule? en gros cinq albums par an… on n’écoutes pas que cinq albums par an, pourquoi une mesure aussi partielle, si l’Etat veut perfuser l’industrie du disque qu’elle le fasse jusqu’au bout.
- pourquoi aider une industrie musicale régie par le capitalisme? je ne connais pas d’autre domaine où une loi nous oblige à passer par une offre payante, sous prétexte que sinon on est des vilains… cela fait plus de dix ans que le virage du numérique c’est présenté aux maisons de disques, ils n’ont fait aucun effort pour s’adapter et c’est donc à l’Etat de payer les pots cassés?
- le média à changé, mais les prix pratiqués pour un album sont toujours aussi prohibitifs (et avec les même marges pour les distributeurs et maisons de disque)… autant fabriquer un CD je pouvais comprendre la valeur marchande (même si il ne faut pas être un prof en économie pour savoir que les prix pratiqués pour les supports physiques sont là aussi très abusés par rapport au prix de production et de reviens du support) autant pour une delivery sur le web avec un coup quasi nul, je ne comprends pas.
- pourquoi l’Etat s’entête à tenter de sauver une industrie mauribonde et à préserver un business model qui ne marche plus?

Bref vous l’aurez compris, la “Carte Musique Jeunes” je n’aime pas, je trouve ça démago et débile et cela déplace le vrai problème et le vrai débat.

Voilà donc les vrais questions que j’aimerais que le gouvernement se pose:
- pourquoi continuer à appeler ce phénomène le “piratage” alors que c’est un échange sans argent et non pas un vol?
- pourquoi ne pas réfléchir à mettre en place une vraie plateforme de distribution pour TOUS les artistes (même les indépendants) avec une très forte part des revenus qui reviens aux artistes et non pas à leurs maisons de disque (ou les “ayants droits” comme ils aiment à se faire appeler)?
- pourquoi ne pas ouvrir un vrai débat non tronqué sur la révolution numérique est ses effets sur l’industrie musicale, dans le sens large du terme et pas seulement pour les maisons de disque?
- pourquoi ne pas investir les millions dépensés à Hadopi et la CarteMusiqueJeunes dans le fibrage de toutes les régions au lieu de cirer les pompes des maisons de disque?

Et ben, c’est pas gagné… moi j’aimerais savoir vos solutions pour permettre au secteur de la musique de trouver un business model convainquant.