Premiers pas dans une entreprise, les points importants/dangereux pour bien démarrer
Publié le 2 March 2010, par Babozor dans la catégorie Emploi, Recrutement, DRH, etc...
Des entreprises j’en ai fait quelques unes (quelques dizaines diront les mauvaises langues) et au fur et à mesure de mes divers expériences, j’ai commencé à avoir un sixième sens pour les situations qui poseront problème. Voici donc une liste de problèmes potentiels dès votre arrivée dans une nouvelle structure, ou des mauvaises surprises que vous risquez de découvrir une fois installés.
Les horaires flottants
Peu importe le type de structure, le but d’une entreprise est et sera toujours de tenter de vous faire travailler plus pour le même prix. Je ne suis pas un syndicaliste excité et j’admets que de temps en temps notre métier fait que nous devons dépasser un peu les horaires. Mais si la chose est systématique, soit il n’y a pas assez de monde pour faire le travail, soit les méthodes utilisées ne sont pas bonnes. Dans un cas comme dans l’autre, ce n’est pas à vous de palier à ces déficiences régulières.
Des promesses illusoires et non tenues
Cela m’est arrivé plusieurs fois d’accepter un travail sur la promesse d’une augmentation d’ici quelques mois, de participation à l’entreprise, etc. Pour être clair et un peu violent, ne croyez que ce qui a été marqué noir sur blanc sur votre contrat, car des fois même avec toute la bonne foi du monde, certains dirigeants se rétractent sur certaines de leurs promesses, donc acceptez un travail pour les conditions actuelles (celles qui sont dans votre contrat), pas celles fantasmées ou vendues pendant la négociation (vous vous éviterez de vilaines déconvenues).
Une négociation sur la paye tronquée
Une paye ça se négocie… tout le temps (même pour presque rien, c’est un principe). Si jamais on vous dit que c’est le tarif pour votre qualification et vos diplômes (et que ce tarif est en dessous de celui communément pratiqué) et que c’est ça ou rien, vous risquez de vous apercevoir quelques mois plus tard (en discutant avec des collègues) que ce fameux tarif inviolable l’a été plus d’une fois, donc ne vous fiez pas aux dires d’une pseudo grille de salaire. Si une entreprise vous veut comme collaborateur elle fera un effort, ou du moins tentera de négocier.
Matériel déficient
Souvent cela fait partie de ma négociation, je décide de la machine sur laquelle je vais travailler… et très souvent si vous ne clarifiez pas ce point, vous risquez de tomber sur la machine de grand mère qui prenait la poussière dans un placard et qui a été ressorti exprès pour vous. Plutôt que de dire “m’en fou du matos pourvu que ça marche”, appuyez sur le fait que un matériel pas à la hauteur c’est du temps de travail perdu pour vous, mais surtout pour l’entreprise, donc soyez un minimum précis sur vos attentes en terme de matériel.
Des conditions de travail difficiles
Attention à votre fatigue qu’elle soit occulaire ou physique… une bonne chaise (la convention collective définit une chaise avec 5 branches, roulettes, ajustable et hauteur et en profondeur, mais rien de plus… cf l’achat groupé de chaise Herman Mille via AbsoluteOffice) un bureau décent (même si c’est juste une planche et des tréteaux) et un matériel adéquat (un ordinateur, une connexion potable et des fournitures de bureau de base) à votre travail sont nécessaires. Sans jouer les prima dona, si vous estimez que le matériel n’est pas suffisant, exprimez-vous.
Un temps de transport mal évalué
Vous êtes allé à plusieurs entretiens dans cette entreprise certes un peu loin, mais avec une équipe et un projet passionnant… mais tous vos entretiens étaient en milieu de matinée ou d’après midi, jamais tôt le matin ou en fin d’après midi et vous n’avez pas pu évaluer le rush des heures de pointes, les 45 minutes debout dans le train écrasés avec les autres, ou les heures de bouchons pour sortir de l’autoroute. Mon conseil, testez à une heure “normale” votre méthode de transport vers votre futur travail, cela vous évitera bien des déconvenues (et du stress).
Une charge de travail non tenable
Vous remplacez ce mec qui est sur le point de partir… et donc vous allez récupérer son boulot, plus des projets qui trainent à droite à gauche. Et des bouts de projets qui trainent il peut y en avoir une tonne. Assurez vous que la charge de travail qui vous est imposée est normale, que la majorité de vos collègues ont la même… et surtout si c’est humainement faisable. Rappelez vous que le travail sur le web (comme n’importe quel travail d’ailleurs) c’est un marathon, pas un sprint (parceque sprinter sur 40 km…)
Des collègues irascibles
Vous les avez croisés pendant deux minutes au croisement d’un couloir et au cours d’une visite impromptue de votre futur lieu de travail. Ils vont on souri et c’est l’unique impression que vous avez eut. Et là c’est un peu la roulette russe, vous pouvez tomber sur des gens sympa ou sur des super cons… et malheureusement vous n’y pourrez par grand chose.
Jouer la jeanne d’arc
Voilà une situation des plus inconfortable: on vous a embauché avec le souhait non avoué de donner des grands coups de pieds dans la fourmilière, en gros vous allez être l’agent perturbateur et à moins de ne pas y faire très attention, vous risquez de finir comme Jeann: au bûcher.
Un environnement extérieur direct pas glop
Je sais que pour certains c’est un détail, mais détrompez vous, l’environnement extérieur direct, c’est à dire ce qu’il y a autour de votre entreprise a une incidence certaine sur votre qualité de travail. Si par exemple pour aller acheter une bouteille d’eau il vous faut traverser la merveilleuse zone industrielle et ensuite la voie de chemin de fer pour arriver à l’épicerie minable d’une petite ville de banlieue, cela n’a bien sur rien à voir avec un travail situé en centre ville près du métro et des commodités (comme ils disent). Annexe, mais important
Un espace de travail inadapté
On a pas vraiment prévu (ou alors ils ont oublié) votre arrivée et on vous place sur un coin de table ou dans le couloir (ne riez pas ça m’est déjà arrivé, juste à côté de la porte des toilettes pour être précis) et ici cette période ne peut bien sûr être que temporaire… mais attention au temporaire qui dure!
Des difficultés administratives
Assurez vous que les personnes qui gèrent toute la partie administrative (contrat, paye, etc.) aient bien tous les papiers nécessaires pour faire tous les papiers nécessaires, principalement vos coordonnées bancaires (ça paraît débile mais en fin de mois ça peut être utile).
Quelques points techniques mais importants:
1. un contrat de travail ça se pète… vous avez une période d’essai, vous pouvez rompre avant sa fin (en faisant attention aux nombres de jours de préavis que vous devez à l’entreprise) ou même demander à ce que cette période d’essai soit reconduite si vous n’êtes pas sûr (attention quand même en général les gens le prennent très mal, je l’ai fait une fois et l’employeur m’a lourdé une semaine après)
2. Même sans contrat de travail signé, si vous avez travaillé et d’autant plus si une fiche de paye a été émise, vous êtes en CDI suivant la convention que l’entreprise suit, c’est la loi, donc si vos employeurs ne vous font pas signer votre contrat dans les 30 secondes votre arrivée pas de panique (même si c’est important de savoir à quelle sauce vous allez être mangé)


le 2 March 2010 à 20h14
Effectivement, difficile de te contredire sur tous ces points.
Néanmoins, comment déterminer que la boîte de rêve est un guêpier (pour ne pas dire un merdier) quand tout ce qu’on connaît d’une entreprise avant d’y entrer est un entretien d’embauche ?
J’imagine que l’expérience aide, mais pour ma part j’ai signé pour un projet ambitieux et avec un réel potentiel, dans de bonnes conditions, avec de réelles possibilités d’évolution, et je me retrouve finalement dans tous les coups fourrés cités dans ton article.
Je suis en train de me remettre à “l’écoute du marché” (comme disent les commerciaux des SSII), quels sont les indices qui peuvent, en l’espace de deux rendez-vous, me donner une idée de ce que dans quoi je m’engage ?
le 3 March 2010 à 10h48
Très bon, d’accord sur presque tout. Entièrement d’accord par exemple sur le fait qu’il ne faut jamais compter sur une augmentation qui sera versée quand “les choses iront mieux”. Seul compte ce que l’on obtient dès la fiche de paie suivante.
@kalahaine : il y a des choses que l’on peut et qu’il faut négocier dès l’entretien d’embauche. Cela montre en plus que tu es exigeant sur tes outils de travail. Le tout est de ne pas le transformer en une attitude tros bornée. Le matériel, et les horaires en font parti.
Par exemple, comme olivier, je ne signe pas tant que je n’ai pas eu confirmation que j’obtiendrai à mon arrivée l’achat d’un nouveau poste de travail spécifique à mes besoins (oui, c’est aussi un mac book pro, la seule machine transportable solide et élégante, qui fait apporte en même temps un unix (dev), une interface Mac (efficacité), et la capacité de tester les sites sous IE (parcequ’il le faut bien)
Pour ce qui est du temps, j’ai adopté le 4/5 depuis quelques années : je maintiendrai cela tant que les entreprises n’adopterons pas le principe de Google. Quand il n’y a pas d’enfant, cela permet de travailler sur des projets personnels, et dans mon cas, cela permet de passer plus de temps avec les trois p’tits monstres.
Peu–être un truc quand même : il ne faut pas rêver : il n’existe pas de travail qui évite l’ensemble de ces pièges…
le 3 March 2010 à 13h55
Tout à fait d’accord, tout ça est bien vu et correspond aussi à ma petite expérience.
Donc l’entreprise idéale c’est :
Une entreprise pour laquelle les horaires sont définis et respectés avec un contrat complet et clairement rédigé, négocié avec une paye convenable et un matériel récent (oui le bi-24″).
Le tout dans un bureau aménagé par un architecte au mobilier raffiné, situé en plein centre ville à 5 min à pied.
le 4 March 2010 à 00h00
Très bon article.
Pour ma part, je suis d’accord avec tout. Même si pour moi les points cruciaux, qui peuvent devenir rapidement anxiogènes, sont : “Des collègues irascibles” et “Jouer la jeanne d’arc”.
Ces points sont en effet difficiles à améliorer à court ou moyen terme :
en raison d’un historique catastrophique dont vous héritez,
des mauvaises habitudes adoptées et, cela n’a pas été cité, le management (parfois) hasardeux qui parasitent au quotidien les relations au cœur de l’équipe.
Combien de personnes ont eu un entretien où ont leur donner tous les points durs de votre mission à venir ? Poser ce type de questions au recruteur est-il approprié lorsque l’on souhaite convaincre en quelques minutes qu’on est le meilleur des candidats ?
Par expérience, aucun recruteur ne souhaite divulguer ces infos lors du premier RDV.
C’est don après l’entretien que l’on découvre ce qu’il y sous le tapis.
Même si l’expérience développe un 6ème sens. Cet “Après” entretien reste encore la roulette russe : ça passe ou ça casse !
le 1 April 2010 à 23h26
J’ai découvert notetonentreprise.com :
le site révèle que très peu d’entreprise du web sont idéales. Mais je vous invite a y noter vos anciens employeurs.
le 24 April 2010 à 23h17
J’adhère à 100% aux différents points énoncés dans cet article.