TravailleursDuWeb se BLACK OUT contre HADOPI

Pourquoi il est très important de garder des horaires stables…

Publié le 25 September 2009, par Babozor dans la catégorie Développement, Gestion de projet, Organisation, méthodo...

itstime

Voilà maintenant quelques mois que toute l’équipe de Bloxx travailles d’arrache-pied sur BLOXXID, on arrive aux derniers semaines/jours du projet et voilà pourquoi je penses que même en temps de grosse pression / beaucoup de travail il faut quand même respecter des horaires décents.

Des horaires pour préserver ma vie de famille
C’est ma base: j’essaye d’avoir des horaires stables, puisque c’est la seule barrière qui protège ma famille de mon travail (qui est déjà suffisamment chronophage), donc je m’astreint à des horaires stricts: arrivée entre 8h45 et 9h15 (sauf accident matinal exceptionnel ça peut arriver) et départ à 18h30.
Entre 19h et en général 22h (l’heure où mes femmes se couchent) je n’ouvre pas mon laptop et ne répond pas ou peu au téléphone, j’essayes d’être disponibles pour elles, puisque c’est le seul moment de la journée (à part le réveil difficile) qu’on partagera dans la journée.
Après c’est mon horaire… là ou je geek, surfe, bosses… entre 2 et 5h par jour suivant la forme du moment.

S’adapter à la situation
Evidemment à circonstance exceptionnelle (comme la release d’une application web par exemple) timing exceptionnel. Il peut arriver pendant quelques jours de rester tard pour effectuer la mise en ligne, ou de rogner une journée de week end par ci, par là… mais prolonger ça plus au delà de l’exceptionnel est malsain pour plusieurs raisons:
- si vous bossez tout le temps plus, vous êtes censé être payé plus (ou alors il faut songer à une embauche, si ça quitte l’exceptionnel ça devient un mauvais management plus une mauvaise gestion du temps)
- vous accumulez une grande dose de fatigue que vous n’arrivez pas à décharger
- vous allez commencer à devenir grognon, voir désagréable puisque la situation censée être exceptionnelle se prolonge

Trop d’heures de travail nuis à la productivité et à la qualité du travail
Basiquement, vous pouvez être concentré pendant quelques heures par jour, guère plus… vous pouvez tenter de pousser cette concentration au delà mais les résultats ne risquent pas d’être très concluants. Mieux vaut souvent s’en aller, se reposer, le lendemain on est souvent beaucoup plus productif, avec les idées claires… bref pour résumer rester debugger un truc jusqu’à 3h du mat ça sert à rien, mieux vaut revenir le lendemain tôt et s’attaquer au problème avec une tête vide et claire (et puis un jour de retard sur un gros projet web c’est jamais la mort, et mieux vaut un jour de retard qu’une fonctionnalité moisie et mal pensée).

Réduire les distractions / Rester concentré
Ok on allonge pas les journées, mais alors comment on fait pour essayer d’en faire un maximum dans le temps imparti?
C’est relativement simple, d’abord vous virez toutes les distractions: twitter, email, téléphone, blogs, etc… vous ne les ouvrez tout simplement pas. Si vous avez besoin d’une plus grande concentration, vous pouvez aussi mettre de la musique, ce qui vous coupe aussi des distractions extérieures (les collègues ou tout autre personnes qui pourraient vous distraire).
Voilà vous venez de gagner quelques minutes/heures précieuses sans avoir allongé votre temps de travail…

S’accorder des moments de détente
Même si on travaille beaucoup, il faut aussi se réserver des moyens de se détendre, de relâcher la pression, de se reposer les yeux… c’est très important si vous voulez pouvoir tenir le rythme.
Moi j’ai le vélo et ma grotte… chacun son truc

Voilà pourquoi je ne penses pas que même en situation de grosse pression / deadline il n’est pas bon d’allonger les horaires de travail. Et vous vous en pensez quoi?



9 Responses to “Pourquoi il est très important de garder des horaires stables…”

  1. Amaury Says:

    Même avec la meilleure gestion de projet au monde, on ne peut jamais éviter complètement les périodes de rush. Il faut mettre en place une organisation pour réduire ce risque un maximum. Mais si une contrainte fait qu’il faut passer une semaine un peu lourde pour concrétiser 3 mois de travail, et pour relancer la machine sur les 2 prochains mois, il faut savoir répondre présent.

    Attention, ce que j’appelle une période de rush, c’est de passer 2 semaines à bosser de 08h30 à 20h30. Demander à ses employés de tenir ce rythme plus longtemps, ou de rester jusqu’à minuit, ça veut dire qu’on cherche à rattraper un retard vraiment trop conséquent − et non pas simplement qu’on lance un sprint pour finir la dernière ligne droite.

    Il est aussi important, après un coup de bourre, de prendre le temps d’analyser les causes qui y ont amené.

    Ce n’est pas pour “faire du lien”, mais j’ai écrit un article sur mon blog sur le sujet, il y a quelques temps : http://www.geek-directeur-technique.com/post/2009/06/12/Travailler-en-periode-de-rush

    D’un autre côté, tu m’excuseras, mais je ne considère pas vraiment que quelqu’un qui ferait des horaires 09h00-19h00 soit en période de rush. Quand on est passionné par ce qu’on fait, on ne se place pas dans une logique comptable de ses horaires. C’est sûrement valable pour les salariés (et les créateurs d’entreprise) plutôt que pour les freelancers.
    De manière générale, les choses se passent bien quand c’est fait en toute intelligence. Quand un de mes développeurs a besoin de partir un soir à 17h00, ça ne pose pas le moindre soucis dans la mesure où ils ne se “téléportent” pas à 18h00 pétante le reste du temps.

  2. babozor Says:

    @Amaury: euh là je t’avoues je comprends pas trop ton commentaire, en gros tu dis, puisque t’es passionné tu dois travailler plus… je ne suis pas non plus dans une logique comptable, mais je suis pas sûr que de se cramer comme ça fait avancer ton projet plus vite, pour tout te dire. Dans ma carrière j’ai fait beaucoup d’horaires à rallonge et même si je peux comprendre de devoir rallonger les horaires pour quelques jours (pour une mise en ligne par exemple) en général, le temps passé pendant ces horaires peut être compensé par un travail plus productif, plus concentré et mieux pensé.
    Ensuite si tu veux jouer les guerriers du web et porter tes horaires à rallonge comme un badge d’honneur, je peux comprendre, mais moi à moins que ce soit une ultime nécessité, j’évite…

  3. Amaury Says:

    Bah non, ce n’est pas ce que j’ai dit…
    Je pense qu’on est globalement sur la même longueur d’onde. On est d’accord pour dire que lorsqu’on est passionné on ne compte pas. On est d’accord pour dire qu’il faut savoir répondre présent quand les conditions nécessitent un coup de collier d’une semaine ou deux. On est d’accord pour dire que ça doit rester exceptionnel, et ne pas être le fonctionnement normal d’une équipe.

    J’ai ajouté que pour moi une période de rush n’implique pas non plus des horaires complètement débiles. Moi aussi j’ai bossé jusqu’à 23 heures, mais je n’ai *jamais* imposé ça à mon équipe. Je pense que même en période de coup de bourre, on peut éteindre la lumière à 20h30 ; sinon ça veut dire que je n’ai vraiment pas bien anticipé les choses et j’assume ma responsabilité. Et je ne porte rien comme un badge, je reste très humble par rapport à ces questions.

    Si tu jettes un oeil sur mon article, tu verras que je conseille de ne pas faire de journées continues (garder de vraies pauses), et qu’on donne des jours de récupération après les périodes de rush.

    Je n’incite donc pas du tout à se “cramer”. Je dis juste que je préfère qu’on s’autorise tous des horaires souples, plutôt que de dire qu’il est “très important de garder des horaires stables”.
    Quand un développeur a terminé une tâche à 17h45, je comprends qu’il n’ait pas envie de se lancer dans un nouveau développement qui va durer plusieurs heures. La contrepartie − que j’estime normale, ai-je tort ? − est que si une tâche nécessite juste 30 minutes pour être terminée, que la personne ne parte pas toute affaire cessante sous prétexte qu’il est 18h00 pile.

  4. K-feine Says:

    Hehehe, en NZ, bosser jusqu’a 19h ici c’est considere comme le gros rush et c’est tres tres rare :D

    Pour avoir frole de peu la semaine avec un nombre d’heures a 3 chiffres a Paris, et pour avoir entendu suffisamment de fois “c’est normal de faire des heures supp parce que c’est un boulot de passionnes / tu es dans une boite prestigieuse / bah parce que c’est comme ca” (faites votre choix).
    Je vois vraiment la difference ici, ca m’a d’ailleurs tellement degoute d’etre pressee comme un citron que maintenant a je demande lors de mes entretiens leur politique sur les heures et j’essaye d’imposer de bosser au 4/5eme (je le recommande grandement si financierement vous pouvez vous le permettre, ca augmente considerablement votre qualite de vie).

    Et pourtant la plupart des gens ici sont aussi passionnes par ce qu’ils font.

    Mais en meme temps le rush d’Amaury “Attention, ce que j’appelle une période de rush, c’est de passer 2 semaines à bosser de 08h30 à 20h30.” C’est encore gentillet par rapport a ce que j’ai pu voir, compter plus une ou deux je 10h a 3h du matin. Le 10h – 22h etant les horaires “normaux” a l’annee de certains de mes collegues.

    La charette a ete banalisee, la faute a qui ? Les commerciaux a vouloir se vendre au client plus rentable que le voisin ? Les executants qui au fur et a mesure ont eux meme fini par considere comme normal et inevitable une periode de rush ?

    Par contre Amaury, je ne vois pas en quoi partir a 18h pile pourrait poser probleme, si la personne travaille a fait son boulot correctement dans la journee, il n’y a pas de raison pour qu’il ne finisse pas sa tache le lendemain (hors contexte de deadline bien entendu).
    Je comprend bien l’idee du comportement que tu as voulu faire passer, cependant je ne vois pas pourquoi l’employe devrait forcement se lancer dans une tache qui empiete sur la fin de sa journee plus que la repousser au lendemain matin. Autant je peux comprendre qu’il est desagreable de voir un employe rechigner a la tache parce qu’il est a quelques minutes du depart (crois-moi j’ai deja un designeur qui a refuse un retour (changement de typo, 5 minutes maxi) parce qu’il etait 17h30, fin de la journee : 18h -____-), mais il est tout aussi desagreable de voir un employeur trepigner parce qu’il reste 15 minutes et qu’il faut bosser jusqu’a la derniere seconde (voire plus c’est tout benef).

  5. Amaury Says:

    @K-feine : Partir à 18h00 pile ne pose pas de problème en soi. C’est juste que ça amène souvent à une logique comptable des horaires complètement débile. Avec les travers que tu décris ; ceux qui veulent partir à 18h00 ne se lancent sur aucune nouvelle tâche à partir de 17h45 (ouhla, ça risque de me faire partir à 18h10 !), et en réaction les patrons deviennent imbuvables et se mettent à fliquer tout le monde.

    Le scénario inverse, c’est qu’on s’applique à terminer ses tâches de manière à tomber à peu près autour d’un quota horaire correct. Quand ça fait un peu plus c’est pas grave, quand ça fait un peu moins, c’est pas grave. Et travailler un *peu* plus quand il y en a besoin fait que le patron est conciliant quand on a rendez-vous chez le dentiste à 17h.

    Quand tout est fait en bonne intelligence et en souplesse, c’est plus agréable pour tout le monde. Le donnant-donnant, c’est du gagnant-gagnant.

  6. jimmy Says:

    il n’empeche que ces idées de “quand on aime on ne compte pas (ses heures)” sont volontairement propagées dans le monde du travail (des compagnies privées) et que c’est malsain.

    cela tend à culpabiliser ceux qui “font leurs heures”.

    ok il faut parfois faire preuve de souplesse pour rendre service à son patron (il nous le rendra), “passion” et “respect de contrat” sont 2 concepts à ne pas confondre.

  7. Monsieur Buzz Says:

    Tout a fait d’accord ! Quand on pense à ceux qui font les 3 8…

  8. David Says:

    Modeste expérience pour ma part, mais j’ai envie de la partager. Et je me permet de généraliser car apparemment c’est la norme dans le secteur…

    Il s’agissait d’un stage de deux mois dans une petite boite ne faisant que du développement web.

    Dans les commentaires, on parle ici de périodes de rush passager, mais faut pas oublier que les 3/4 du temps, on est en rush dans ce secteur. Pour ma part, c’était au mieux 1h après, au pire 2h30. Et je peux vous assurer que c’était loin d’être marrant. Commencer à 9h finir à 20h, super! Un trajet un peu long, et voila, pile le temps de diner et de te foutre au lit épuisé et énervé sans raison aucune. (perdu ma copine pendant et surement à cause de ce putin de stage…)

    Et le jour ou j’ai osé sortir à l’heure, on a osé me faire la remarque comme quoi j’avais encore un ticket à résoudre. C’était pas à une semaine de la fin, je pense que ça aurait mal tourné…

    Sans compter qu’a part la pause midi, et les quelques pipi que je m’accordais, je ne prenais aucune pause. (je fume pas) J’étais dans l’espoir de sortir à l’heure, oui j’étais con.

    Et bien sure, a part de la gratitude, je n’ai rien reçu de mes bourreaux. Ah si, le tuteur est venu à ma soutenance de stage. Selon lui, je devais m’estimer heureux car il n’avait vraiment pas le temps, que c’était parce que j’avais fait du très bon boulot.

    Deux semaines après, on me proposait un CDD dans cette même boite, que j’ai bien sure refusé. :)

    Tenir ce rythme toute ma vie, j’en ai aucune envie. Je me suis dirigé seul vers ce secteur et j’avoue qu’après ma modeste expérience, je suis légèrement refroidis.

    Ça m’a épuisé et je suis sure que ca aurait pu être pire. (comme mieux avec de la chance)

    Aujourd’hui, je cherche donc à me rediriger pendant que je le peut encore. Je m’imagine même pas fonder une famille avec des horaires pareils… (déjà pas évident d’avoir son créneau pour aller se chercher sa moitié)

    Merci à cette boite tout de même, elle m’aura ouvert les yeux sur ce secteur qui n’est définitivement pas fait pour moi. Je le laisse “aux passionnés”. Moi j’en suis dégouté.

    Allez zou, je file dev mon projet perso. (oui j’adore la prog :)

    *Commentaire fondé sur ma petite expérience et le parcours de forum ou de nombreux devs témoignent de leur amour profonds pour ce métier

  9. David Says:

    Le problème part souvent d’une mauvaise planification de la tâche au départ ou de modifications non prévues pour satisfaire le client, moi perso j’ai été aussi “abusé” par des agences peu scrupuleuses et je suis d’avis que le problème vient du fait que la majorité des employés acquiescent sans discuter, alors quitter son boulot aux heures prévues dans le contrat devient hors norme! Je peux confirmer par expérience que je suis à 90% parti à l’heure prévue dans mon contrat et que mes collègues qui se donnaient corps et âme pour se faire bien voir ont tout de même été licenciés sans remords lorsque les chiffres de l’agence baissaient un peu!! Etonnant de voir également que dans toutes ces agences, il n’y aie pas de syndicat!! Je ne suis pas contre le travail supplémentaire de façon exceptionnelle mais au delà c’est de l’exploitation (car souvent ces heures ne sont pas comptabilisées ou récupérées)!! Soulevez-vous en groupe, ne vous laissez pas abuser par le prétexte de la réputation de la boite, la passion de son métier, etc….
    Il y a une vie après le travail, si vous ne voulez pas qu’on en revienne au début du 20ème siècle, profitez de votre temps libre, occupez vous de vos proches, ce sont les moments les plus importants d’une vie!

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