TravailleursDuWeb se BLACK OUT contre HADOPI

Tout le monde veut devenir Chef de projet, WTF??

Publié le 17 October 2008, par Babozor dans la catégorie Emploi, Recrutement, DRH, etc...

ultra_nerd.jpg

C’est une tendance qui malheureusement n’est pas prête de s’inverser: Tout le monde veut devenir chef de projet… les tout nouveaux salariés (tout juste sortis de l’école), certains développeurs, etc… ils veulent tous devenir chef de projet…

1. Tromperie nom/job réel
C’est sans aucun doute ce qui est le plus flagrant… beaucoup espèrent travailler en tant que chef de projet (ou pensent travailler en tant que tel), alors que ce n’est pas le cas. Prenons l’exemple d’un chef de projet typique d’agence de com ou d’agence web (ils adoooorent aussi se faire appeler consultant ce qui veut en gros rien dire du tout, ou tout au choix). Une grande partie de ses tâches (je sais je schématise et force volontairement le trait) revient plus ou moins à faire de la pré-vente (de maintenance principalement), se battre pour trouver les ressources nécessaires (qui manquent toujours évidemment) et faire le tampon avec le client. Au final, beaucoup de tâches externes au vrai travail de chef de projet (administratives, de ventes/pré-vente, etc…)

2. Un métier passionnant, mais difficile
Voilà sans doute pourquoi beaucoup rêvent de devenir chef de projet. C’est un métier dur et parfois stressant (surtout dans la relation client), mais très intéressant.
Ce métier à plusieurs facettes:
- conseil: trouver les bonnes solutions fonctionnelles pour le client (les vrai bonnes solutions, pas celles qui vont coûter le plus cher)
- suivi de projet: faire un planning précis du déroulement du projet, suivre le déroulement du projet, les différents aller-retours et validations du client, etc…
- suivi de l’équipe: savoir constituer une équipe, mobiliser les ressources nécessaires au bon moment, suivre le projet, voir comment les différentes personnes attachées au projet s’en sortes, redresser les situations tendues, trouver des solutions, etc…
- suivi client: informer le client à chacune des étapes, valider certains changements, l’avancement du projet, le guider dans toutes les démarches entourant le projet, etc…
Comme on le voit le métier à différentes facettes: beaucoup de relationnel aussi bien avec le client, qu’en interne, une parfaite connaissance du média (fonctionnelle et une petite couche de technique ne nuit pas), c’est donc passionnant de rencontrer des gens, de gérer des projets différents, mais c’est surtout très stressant… La pression du client (qui veut toujours plus pour moins d’argent), la pression de la direction (qui veut toujours moins pour plus d’argent), la pression de l’équipe (pour certaines parties du projet particulièrement chiantes, ou les relations difficiles entre les collaborateurs)

3. Malgré tout, un flagrant manque d’expérience
C’est justement mon point suivant… qui dit chef de projet, dit tout d’abord maîtrise du média et ensuite une tonne d’expérience. Un chef de projet tout frais moulu de son école n’a aucune expérience aussi bien en relation client, qu’en maîtrise du média… donc pour moi 70% de son rôle lui échappe.
Il faudrait trouver une autre terminologie, un autre nom qui n’induise pas en erreur, qui montre que la personne veut devenir chef de projet un jour, mais que pour l’instant elle manque (cruellement) d’expérience.

4. Etre chef, plus que tout…
Comment avec tout cela expliquer l’engouement pour des formations qui destinent au poste de projet ou la volonté farouche de beaucoup de devenir chef de projets?
Est ce que c’est le mot chef qui motive tant ces personnes?

Aucune idée, sur ce point je vous laisse vous épancher dans les commentaires…



Articles éventuellement en rapport:

13 Responses to “Tout le monde veut devenir Chef de projet, WTF??”

  1. guimm Says:

    La dénomination éxiste déjà… Chef de projet junior :)

  2. eMeRiKa Says:

    Mon master nous forme à être chef de projet web mais avec un peu de recul chef de projet fonctionnel c’est un job qui ne m’intéresse pas car la partie relation avec le client, passer sont temps à demander les sources et au téléphone me saoule profondément.

    Après, chef de projet technique doit être plus intéressant mais là il faut un sacré baggage !

  3. Nicolas F. Says:

    J’ai la chance et la malchance de travailler seul sur de nombreux (parfois gros) projets et je dois dire que le poste de chef de projet est vraiment très chiant.

    Ca nécessite de passer, sans arrêt du technique au synthétique puis au langage courant pour le client et lui expliquer pourquoi c’est mieux de ne pas avoir d’animation flash, de mettre à jour souvent sont site, de le former… etc… Et ce pour chaque client donc : travail extrêmement répétitif.

    Pour le faire, il faut être humaniste car comme tu le dis, la difficulté, c’est que tout le monde s’y retrouve :
    - le client a un site qu’il apprécie, mais qui part pas en couille totale et qui va lui amener des clients (sensibilisation => éducation => formation => suivi => fidélisation).
    - l’entreprise dégage des bénéfices (c’est quand même le but et ça permet de continuer la recherche et l’innovation).
    - les collaborateurs sont heureux (E-R-E). Car ils ont une famille des bouches à nourrir et qu’exploiter les employer à cause d’un manque d’organisation (tâches automatisables pas automatisées, architecture mal pensée etc…) fini toujours par plomber une société. Il faut aussi faire attention car un collaborateur peut se déclarer capable par peur d’être mis à l’écart etc.. alors qu’une simple formation ou un transfert des tâches peut éviter le désastre…

    Mais avant tout : le chef de projet web doit avoir des CONNAISSANCES TECHNIQUES car il est aussi le garant de la qualité du travail et des UNE AISANCE RELATIONNELLE car c’est le tampon entre l’équipe de développement et le client.

    Bref, de quoi me pousser à grandir vite car seul c’est un vrai travail d’équilibriste.

  4. John Says:

    à l’agence ceux/celles qui sont le plus souvent charrette c’est bien les chefs de projets qu’ils soient junior ou pas. non je n’ai pas envie d’être CP.

  5. Alexis Says:

    hello

    Pour la terminologie, je suis d’accord avec le premier post : Chef de projet junior convient très bien.

    Ensuite, en agence, le chef de projet n’est pas en relation directe avec le client puisque c’est son supérieur, le directeur de projet, qui est censé l’être (puisqu’il a été chef de projet avant).

    Un chef de projet gère quoi ? Il gère un projet à savoir un planning, une équipe et un budget. Et parfois un client s’il est côté prestataire.

    Bémol au dernier paragraphe (si vous me permettez) : bien souvent, excellente connaissance technique = bon développeur = pas forcement aisance relationnelle. Moi je suis fonctionnel à la base mais je suis tous les jours avec mes développeurs et je prends plaisir à comprendre leur problème lorsqu’ils me les expliquent.

  6. laotseu Says:

    “”"
    C’est une tendance qui malheureusement n’est pas prête de s’inverser: Tout le monde veut devenir chef de projet… les tout nouveaux salariés (tout juste sortis de l’école), certains développeurs, etc… ils veulent tous devenir chef de projet…
    “”"

    C’est une vieille maladie bien franco-française, ça. Un “chef”, c’est au dessus (hiérarchiquement, et du point de vue de la paie) d’un pas-chef, “donc” c’est mieux, donc celui qui est chef est “par essence” meilleur qu’un pas-chef, donc “pas-chef” c’est de la merde, et si tu deviens pas chef, c’est que tu es mauvais, voilà.

    Ce qui est très con, parce que ça dévalorise une des compétences les plus essentielles pour une boite: l’expertise technique. Au lieu de ça, on a une logique “programmeur jetable / interchangeable”, et on en voit les conséquences. Si vos programmeurs sont interchangeables, c’est qu’ils ne valent effectivement pas grand chose - et votre produit ne vaudra pas mieux au final.

    Je pense qu’effectivement, il vaudrait mieux parler de _gestionnaire_ de projet (junior ou senior si on veut). Et bien comprendre (et faire comprendre) que son poste n’a ni plus ni moins de valeur intrinsèque que ceux du reste du l’équipe, même si c’est lui qui a à prendre certaines décisions.

    Ce qui impliquerait aussi (et très accessoirement, lol) que la paie soit fonction de l’expérience et pas du poste - donc qu’un gestionnaire de projet junior puisse toucher moins qu’un développeur senior de son équipe.

  7. Nicolas Mérouze Says:

    Les gens que j’ai rencontré dernièrement veulent devenir chef de projet pour la simple raison qu’ils ne veulent pas coder. Ton post semble accompagné mon sentiment.

    Je trouve en plus que le métier est surfait, pour moi toute l’équipe doit avoir sa part dans le conseil, la relation client…

  8. Olivier Says:

    Laotseu a très bien résumé le problème majeur en France, l’exception française comme on dit : être chef c’est mieux (le but ultime), le reste est très peu valorisé, tous les métiers techniques sont rarement mis en avant - alors peut-être que l’on souhaite devenir absolument chef de projet pour avoir une reconnaissance, très importante dans le monde du travail.
    Perso, j’aime dire chargé de projets aussi, où l’équipe est indissociable de la mise en oeuvre du produit. Les méthodes agiles (Scrum) apportent peut-être une autre façon de gérer les projets, avec une implication de tous.

  9. Icarius Says:

    Attention, je ne veux pas spécialement devenir chef de projet, en fait j’ai des aspirations sensiblement différentes.

    Je suis ne parti d’accord avec toi.
    Je suis de formation ingénieur avec spécialisation dans les systèmes d’information (donc pas d’école de commerce, et je ne vise pas les agences de com).

    Mais quand tu passe 2 ans via des stages cumulé à être assistant chef de projet et que tu te tape quasiment tout le taff, que tu sais qu’il faut contrôler la communication de bout en bout que ce soit avec les clients ainsi que ton équipe. Que tu gère tes objectifs, les échéances que tu a une vision globale du projet, des enjeux et enfin que tu apprend à le monitoré convenablement. Je comprend que des fraîchement diplômé prétend à vouloir devenir chef de projet.

    Après je pense qu’il faut nuancé, même après certaines formations type Bac+5 certains savent pas y faire. Mais de nos jours les entreprises (IT du moins) encadrent les juniors par des seniors de façon à ce qu’ils apprennent le boulot.

    Je me rapelle il y a peu, un chef de projet de chez Google UK à une conférence m’expliquait clairement: “Ce que l’on recherche c’est des nouveaux diplômés que l’on va pouvoir formé”.

    Chef de projet, après les études c’est possible mais pas pour tout le monde, il faut souvent un background conséquent afin d’y accéder mais cela reste accessible à certains qui savent se distinguer et sort du lot.

  10. Nathalie Says:

    Pour ma part, je ne souhaite pas devenir chef de projet mais directrice de projet… au sein de ma boite. Pourquoi ? Tout simplement parce que les gens qui gèrent et mettent en place aujourd’hui les divers projets web (intranet ou internet) ne maîtrisent même pas les principes de base : accessibilité, fonctionnalités, ergonomie, utilisabilité, respect des utilisateurs, adaptation au public, standards du web. Résultat, les sites sont bancals et les éventuels réparations entraînent des tonnes de réunions stériles.

    A chaque fois que je parle des principes indiqués ci-dessus, on mécoute d’une oreille vague et finalement rien n’est pris en compte. Exemple à ce jour, l’accessibilité ne sera prise en compte qu’à publication du décret d’application de la loi (eh oui faudrait surtout pas en faire plus que ce que la loi va exiger non mais sans blague).

    Alors c’est vrai que les méthodes agiles sont bien, mon ancienne boite (une start-up) appliquait de manière implicite ce principe d’impliquer tout le monde et d’écouter les différentes expériences et compétences.

    Mais ma boite actuelle ne jure que par la hiérarchie. Donc chez nous, il n’est pas rare de voir la DRH (qui sait à peine ouvrir son ordinateur) être la chef de projet de l’intranet.

  11. K-féine Says:

    Ena gence de com’ le souci, c’est qu’on pense que n’importe q

  12. K-féine Says:

    Le souci, c’est qu’on pense que n’importe qui est remplacable en claquant les doigts (meme les “specialistes, pros, avec une sacre expertise”) faisant fie de l’experience et de l’implication (et donc de la qualite de travail et de la capacite d’evolution) de la personne ( je le vois surtout a la tech’), mais aussi que le web c’est quelque chose de pas si complique et que n’importe qui devrait bien reussir a s’y faire. Ainsi on retrouve des gens du print a la crea qui ne pense pas a l’utilisateur mais juste a ce que ce soit joli, et des vendeurs au management qui ne connaissent pas ce qu’ils vendent et sont donc infoutus de conseiller le client, ils vendraient des savons ca serait un peu pareil.

    Enfin ce fut mon experience en agence de com’, ou je trouve que la definition des metiers est faussee et ou le cdp est un peu la “pu**” du client (excusez l’expression) parce que les patrons les poussent a l’etre (le teckos : l’esclave, le webdesigner : le jetable, et le DA : la superstar). Ce dont je retire cette experience, c’est que ce modele ne doit pas etre la reference pour les agences web ou alors bonjour la galere.
    Pour moi, le mec qui veut devenir chef de projet parce que y’a le mot chef dedans c’est ce gars qui finira dans ce genre d’agence et qui me repliquera quand je lui parlerais javascript, css3 et accessibilite, un cinglant “ca vaudra jamais flash” (vecu -__-) : un mec qui a rien compris.

    En tout cas pour tout ceux qui veulent suivre une formation de chef de projet, enfin ceux aui sont encore etudiants. Je conseille Ingemedia dans le sud. J’ai bosse avec pas mal de gars qui sortaient de la-bas (mon officiel en sort egalement mais a choisi le design), je les ai vus bosser sur leur projet etudiant et bosser en agence et les mecs ils maitrisent vraiment leur sujet. Ils te font pas une tete de merlan frie quand tu leur parles un chouilla technique (”euuh c’est quoi un blog en fait ??” - vecu -__-)

    Nathalie > J’espere que tu arriveras a tes fins, ca manque de personne comme toi chez “les tetes pensantes”

  13. Nathalie Says:

    Merci K. Pour la petite histoire, j’ai passé pas mal d’entretiens en agence justement, je n’ai jamais décroché quoi que ce soit.

Laissez un commentaire





« Back to text comment