Les managers à la française
Publié le 17 June 2008, par Babozor dans la catégorie Lexique, Recrutement, DRH, etc..., Travail, contrats, etc...
[Photo mortelle... honteusement volée ici]
Sujet hautement casse gueule, mais je me lance…
De par ma longue expérience, j’ai pu tester bon nombre de managers aussi bien français qu’étrangers et autant le dire tout de suite la comparaison pour nos frères managers français n’est pas très flatteuse.
C’est quoi un manager?
Tout d’abord ami Chef de projet, rassure toi, tu n’est pas un manager… un cadre certes, mais pas un manager. Ton chef par contre lui est censé être un manager.
Etre manager veut dire plusieurs choses:
- encadrement: savoir gérer son équipe, recruter, garder, motiver, virer au besoin, bref faire tourner l’effectif de son entreprise ou de son service.
- gestion financière: les rentrées (que ce soit directement le CA ou les budgets qu’il va demander ou quémander au groupe) et sorties d’argent (matériel, licences, recrutement, augmentation, etc…)
- vision: savoir où doit aller son service, où il a envie de l’emmener.
Beaucoup de travail donc pour un seul homme, le but étant bien sûr que le manager donne la ligne directrice et il doit se faire aider pour certaines tâches.
Pourquoi (souvent) ça ne marche pas?
Un bon manager est donc un mix entre plusieurs choses parfois antinomiques. On peut avoir une vision et aucun sens de gestion financière, ou encore être un très bon gestionnaire, mais n’avoir qu’un contact déplorable avec ses employés. Le rôle du manager est important puisque c’est lui qui est censé guider le bateau (surtout dans la tourmente), il doit être celui qui donne le chemin à suivre et qui nous/vous donne les moyens de le suivre.
Plusieurs problèmes:
- trop proche/trop lointain: c’est toujours un dosage fin et tenu où il faut trouver sa place avec le reste de la troupe. Le manager doit être présent, mais pas trop, c’est lui qui fait le pont entre la direction et le reste, il doit être suffisamment proche, sans l’être trop.
- pas de politique: être un manager cela nécessite (surtout dans les grands groupes) de savoir faire de la politique ou presque de la diplomatie, surtout en période d’allocation de budget. Aller flatter paul, promettre à jacques en crachant sur le dos de pierre…
- à l’ouest: parachuté pour diriger une équipe web, alors qu’il travaillait dans le print c’est possible mais compliqué, puisque la personne ne connaît pas les contraintes inhérentes au métier, notamment les coûts humains ou le matériel nécessaire.
Quid du manager frenchy?
Je dois dire que ma perception des managers français est assez décevante, quand on contraire mes rares expériences en particulier avec des managers anglo-saxons ont plutôt été réussis. La grande question: pourquoi? (et je sais je vais simplifier/shématiser c’est vilain et certes d’une structure à l’autre et d’une personne à l’autre rien à voir… j’en suis pleinement conscient)
Culturellement, je pense que le rôle des managers n’est pas perçu de la même façon. Pour les français c’est une fin en soit, on a eut le grand bureau, les cartes de visites et la carte bleue de la société, c’est bon on va pouvoir en profiter un peu après tant d’efforts… et ils se relâchent et font n’importe quoi (et puis ils sont vachement plus difficilement virable).
La plupart des managers anglo-saxons ont un (gros) intéressement sur le CA ou le cours de l’entreprise, c’est donc leur intérêt de faire du bon business, d’essayer de faire que tout le monde travaille bien, etc…
Nouvelle génération?
Malgré cela et mon constat complètement arbitraire, je vois progresser une nouvelle génération de managers français (j’en ai pas beaucoup rencontré, mais quand même quelques uns) qui sont moins rétrogrades, qui pensent que payer du matériel correcte ne profite pas l’employé mais surtout l’entreprise, qui n’hésitent pas à se mouiller pour certains projets, etc… une évolution dans le bon sens, ou un changement culturel.
Manager c’est un travail difficile… mais souvent je fais la comparaison entre leurs tâches (théoriques) et leurs salaires… avec ce gros salaire, ils devraient être capable de pouvoir faire ceci ou cela, mais plus que ça la plupart du temps ils sont un obstacle de plus, alors que leur rôle est d’aider les salariés à effectuer leur travail le mieux possible.
Et vous c’est quoi votre expérience avec vos managers?


le 17 June 2008 à 14h13
Etant étudiant je ne peux pas m’appuyer sur mes propres experiences, mais j’ai vu une citation il y a longtemps que je vais déformer parce que je ne m’en souviens plus par coeur (shame on me) : les promotions dans une boite c’est s’élever vers son niveau d’incompétence. Je pense que ca résume assez bien ce que tu dis. Un mec fait très bien son boulot on le promeut jusqu’a ce qu’il arrive à un poste pour lequel il ne sert plus à rien…c’est triste parce que au final ce sont ses ex collègues qui en pâtissent…
le 17 June 2008 à 21h19
Je ne suis pas trop d’accord sur ton postulat de dire qu’un CP n’est pas un manager, cela fait partie intégrante du métier AMHA. Des projets, c’est d’abord des hommes, avec leurs desiderata, craintes, motivation ou pas, pour mener à bien un projet, c’est aussi manager du mieux possible une équipe, la tirer vers un objectif.
Pour le reste, assez d’accord avec toi : en France (la fameuse exception française), il y a une propension à avoir le but ultime d’être chef, non pas pour être aussi opérationnel et avancer, mais pour le pouvoir avec tout ce qui est négatif dans ce terme. Nous sommes restés au temps des rois et nous restons des gagne-petits (toujours à ne pas donner suffisamment de moyens…en matériel, financier, etc…)
le 18 June 2008 à 01h57
Pareil, je suis pas trop d’accord avec ta vision du “manager”, dans ton article tu le présentes comme celui qui a les pleins pouvoirs alors qu’il y a vraiment plusieurs niveaux de management (CEO > Directeur Marketing/Informatique/Commercial > Chefs de projets, etc.)
Il y a une part de management à plusieurs niveaux, bien sur cela dépend de la taille de la boite et de la faculté des uns à déléguer certaines des responsabilités décrites.
le 17 July 2009 à 07h39
Carrément d’accord avec toi, j’ai un manager au dessus de moi qui a le profil que tu décris, c’est le saint graal pour lui, le top de sa carrière, pourra jamais aller plus haut, donc il ne fait plus rien, laisse les choses pourrir, les situations dégénérées, les chef de pôle (comme moi) prendre les “grandes” décisions à sa place : on sait jamais, si ils se plantent, il pourra dire que c’est pas lui qui est en cause. Bref un vrai connard. Par contre, j’espère avoir l’approche des anglo-saxons, plus réaliste et conscient du job et des responsabilités … comme je reste dans la réalité, l’autre côté du taf de webdesigner, je reste les pieds dans les problèmes de tous les jours, et tente de répondre aux problèmes du mieux que je peux, sans m’économiser ni oublier mon équipe ….