J’ai juste besoin d’un développeur…
Publié le 11 May 2008, par Babozor dans la catégorie Discussion, Développement, Gestion de projet
[Voilà un article fort intéressant trouvé sur codeclimber, que je m’empresse évidemment de traduite et d’adapter… cela me rappelle tellement de situations déjà vécues…]
Note de moi: C’est une traduction quasi littérale, je laisserais mes commentaires en fin d’article…
Il y a environ une semaine j’ai été contacté par une connaissance qui avait une proposition pour moi.
“Hey, j’ai entendu dire que tu étais développeur! C’est super, parceque moi et mon pote on a une super idée de business. Tout ce qui est important est déjà prêt, et tout ce qu’on a besoin c’est d’un développeur pour concrétiser tout ça.”
En surface rien de vraiment iraisonnable à cela, ces gars savent ce qu’ils veulent pour leur application, ils ont “juste” besoin d’une personne avec les connaissances nécessaires pour l’implémenter. Pour éviter toute fâcherie, et toute parole dépassant ma pensée, j’ai tenté une réponse raisonnable.
“Et bien je suis déjà occupé sur d’autres projets en ce moment, mais je suis toujours disponible pour jeter un oeil à de nouvelles choses et voir si ça pourrait éventuellement marcher. Si vous voulez le faire dans un rapport purement purement cash contre travail, je devrais problablement prendre environ X$ de l’heure. Si d’un autre côté vous n’avez pas encore d’argent à dépenser, nous pouvons nous arranger contre une part du futur capital, une part de X% de la future compagnie devrait pouvoir faire l’affaire (ceci évidemment à condition que j’estime que le business semble viable)”.
Bien que je n’attendais pas de lui une réponse positive immédiate, je m’attendais plus à une contre offre ou une indication qu’ils s’attendaient plutôt à Y qu’à X. La réponse que j’ai obtenu m’a pour le moins surpris.
“Hey, nous ne sommes pas encore prêts à payer. En fait il n’y a pas grand chose à faire, juste un site PHP avec une base MySQL, j’avais espéré que tu puisses nous le faire comme une faveur. Pas grave, merci quand même.”
J’y ai réfléchi une minute et j’ai réalisé que se cachait dans cette conversation des faits trompeurs par rapport au métier de développeur.
1. “Il n’y a pas grand chose à faire” = une application est facile à écrire
2. “Tout ce qui est important est déjà prévu” = le développement et donc l’application, c’est juste la cerise sur le gâteau.
3. “On a juste besoin d’un développeur” = Les développeurs sont comme des rouages d’une machine, des éléments interchangeables d’une ligne d’assemblage.
[l’article continu et développe sur ces différents trois points, mais vous avez compris le principe, sinon allez comme des grands lire la suite…]
J’ai personnellement assisté bien des fois à ce genre de situation, ou en tente (de façon volontaire ou non) de dénigrer le travail ô combien important de développeur. Combien de fois avez dû vous battre pour tenter d’expliquer que cette fameuse modification “mineure” remet en cause la totalité du workflow de l’application que vous avez codé à 93% ? Combien de fois vous a-t-on dit que le petit cousin de machin pouvait le faire en deux jours…
Ce qui est important aussi dans les différents points soulevés est la pseudo-interchangeabilité des développeurs. Chaque développeur à sa logique, qui correspondra plus ou moins au fonctionnel, sa façon de coder, ses qualités, ses défauts… changez de dev et tout change (en bien ou en mal)
Enfin, une idée trop souvent répandue est que l’idée est la base du succès, particulièrement sur le web et par expérience je peux dire que c’est complètement faux. Certes il faut une idée (pas spécialement originale d’ailleurs), mais c’est l’exécution de cette idée (et son marketing, etc…) proprement et dans des délais raisonnables qui fera de votre géniale application un succès ou un flop.
Et vous, vous en pensez quoi?




le 11 May 2008 à 03h43
Je suis à 100% d’accord avec l’article en question et toi.
Souvent, les gens pensent que coder est rapide si l’application (à coder) est simple.
C’est dingue que les gens pensent ça quand même… La faute à Dreamweaver ? ou Skyblog ?
Moi, ce qui m’a fait le plus rire, c’est un mec qui est venu me proposer un boulot à faire en Web pour 400€… Le projet était de faire une copie de lemonde.fr

Sûrement aussi les programmeurs qui bossent au black pour des cacahouètes…
En fin bref, c’est à méditer
le 11 May 2008 à 08h25
C’est vrai que c’est dingue ce type de comportement. Je suis tout à fait d’accord avec toi. Le plus extraordinaire c’est que la notion même du développement qui n’est pas comprise. Du coup, c’est simple, rapide et même le geek du coin qui sait installer un wordpress et joue à WoW peut le faire.
Soyez rassurés les graphistes et dans notre cas les webdesigners ont les même problèmes.
le 11 May 2008 à 11h35
Tellement vrai =/
Dans ces cas là, je ne prenais pas l’affaire en main, et plusieurs mois plus tard, le projet qui allait révolutionner le monde n’existait toujours pas …
le 11 May 2008 à 16h41
Oui pareil moi un client qui a besoin d’une boutique en ligne me sors “mon cousin ma dit qu’il peut me le faire avec un javascript trouve sur le web” donc je dis ok c’est pas grave et j’attend… 2 mois plus tard… finalement fais le moi… lol
le 11 May 2008 à 19h28
C’est symptomatique du web. J’ai même eu un commercial qui m’a dit que pour refaire amazon il suffisait de pomper le site, et que si l’équipe de dev ne savait pas le faire son neveu de 12 ans nous le ferait…
Autre anecdote, un ancien patron de web agency qui vendit un site, PHP+MySQL, avec hebergement. Il se frottait les mains parcequ’il esperait qu’on utilise son espace personnel chez wanadoo (ni php, hi sql) pour l’hebergement…
Je crois qu’en 10 ans d’informatique tous les mois j’ai eu une histoire de ce genre.
le 11 May 2008 à 19h35
Malheureusement ce genre d’histoire devient de plus en plus banale : “C’est facile à faire c’est l’ordinateur qui fait tout !”.
J’ai eu une expérience du genre, une demande pour un site de vente en ligne, la personne me demandait moins de 700€, j’ai donc refusé, du coup elle à trouvé quelqu’un mais c’est un désastre…
Il me tarde qu’elle m’appelle au secours (rires cyniques!)
le 11 May 2008 à 22h16
L’avantage avec ce genre de situation, une fois qu’on l’a rencontré 2-3 fois, c’est de ne pas perdre de temps : au moins, on sait tout de suite que c’est un projet foireux et qu’on peut raccrocher, en encourageant éventuellement le “client” à demander, justement, de l’aide à son petit-cousin ou au copain de son fils.
Autre signe des projets foireux : le client rechigne d’emblée au principe d’un acompte au démarrage du projet.
le 12 May 2008 à 13h13
Article vraiment intéressant
Ce n’est pas tant l’ignorance des gens qui choque mais le fait de prendre les développeurs pour des pions qui peuvent être remplacés et croire qu’ils peuvent bosser pour une bouteille de coca par jour et un mug linux.
le 12 May 2008 à 14h22
c’est un concept interessant : des développeurs freeware.
A quand les annonces cherche dev, 320 €/mois. poste situé en inde ?
Quoi, qu’est ce que j’entends ? C’est deja fait ?
le 12 May 2008 à 17h06
Hélas, hélas, hélas ! C’est un grand classique… et ça fait mal à l’estime que nous pouvons avoir de notre propre travail. D’accord avec toi, évidemment.
le 12 May 2008 à 18h21
“”"
Malheureusement ce genre d’histoire devient de plus en plus banale : “C’est facile à faire c’est l’ordinateur qui fait tout !”.
“”"
Ca me rappelle quand je faisais du son et de l’informatique musicale dans les années 90… Un copain batteur, qui avait des connaissances très limitées en solfège, et jamais eu un système d’informatique musicale entre les mains n’arrêtait pas de me souler avec le discours comme quoi “il suffisait d’appuyer sur un bouton” pour que la machine “fasse le morceau tout seul”. J’ai fini par l’inviter à passer “appuyer sur un bouton” sur mon petit système perso - au bout de 4h, il n’y avait toujours rien à écouter, et le garçon commençait à réaliser que pour sortir quelque chose d’un tel système, il fallait non seulement savoir l’utiliser, mais surtout et avant tout connaître la musique (solfège, rythme, harmonie, et théorie musicale…).
le 12 May 2008 à 23h12
Super article.
J’ai l’impression que j’arrive à renifler les demandes farfelues à 10km…
Alors je réponds plus aux mails… Sauf quand l’expéditeur est respectueux et préviens qu’il a peu de moyen.
le 13 May 2008 à 10h03
C’est clair Ced, moi si l’interlocuteur est franc avec moi et me dit qu’il a peu de moyens et que son projet me botte (évidemment), alors je suis tout de suite beaucoup plus ouvert !
le 14 May 2008 à 06h40
Ca me rapelle étrangement le discours de mes potentiels clients quand j’étais encore à mon compte, les gens venaient nous voir pour faire un site énorme en 3 semaines pour 500€ - pour résumer vite fait.
L’autre tendance, que je remarque fréquemment sur un forum ou j’ai mes habitudes, c’est les codeurs qui viennent se chercher des graphistes. Pour un projet X ou Y, où il faut bosser pour trois cahouètes et attendre que le site marche pour voir ce qu’ils voudront bien lui donner. C’est assez affligeant comme logique.
Ou encore les super “concours” dessine moi un logo et si tu gagnes ton logo sera utilisé partout sur notre site et ton nom caché dans un coin des mentions légales bravo et merci d’être venu.
Et le pire c’est que ca marche :/