Mais où donc sont les Professionnels du Web?
Publié le 22 February 2008, par Babozor dans la catégorie Divers
Depuis un mois environ je n’ai de cesse (une dizaine presque en un mois) de recevoir des emails de lecteurs de Travailleurs Du Web qui m’écrivent pour me raconter leurs tristes aventures. En général cela commence avec une rencontre intéressante avec un développeur freelance qui a l’air bien sous tout rapport, sérieux, efficace… et ça se finit en noeud de boudin!
La plupart m’écrivent désespérés, avec un acompte encaissé, un résultat pitoyable voir inexistant et surtout pas de solution de sortie (je sais que tous les freelances ne sont pas comme ça loin de moi l’idée de stigmatiser nos amis freelance).
Quel est donc le problème?
Le problème principal vient du fait qu’il est virtuellement impossible pour quelqu’un qui veut faire réaliser son site web par un freelance/indépendant de s’assurer du professionnalisme de la personne. Aucun moyen d’évaluer son vrai niveau technique, mais aussi sa relation client, sa méthode de suivi/gestion de projet, etc…
Virtuellement n’importe qui peut se catapulter “développeur freelance” et se lancer à la recherche de client.
Des pratiques limimtes
Certaines pratiques de certains de mes/nos confrères sont parfois plus que limite:
- code cradoc et quasiment pas maintenable
- conception (aussi bien de l’applicatif que de la base de donnée) inexistante
- client dans le flou, pas informé
- prestataire qui quitte le projet ou l’abandonne, sans aucune solution de repli pour le client
- aucun suivi de projet
le liste peut s’allonger… (je vous laisse le soin de le faire)
Pourquoi la profession doit s’organiser, se professionnaliser…
Le danger qui rôde est que tous ces clients déçus fassent un amalgame facile entre mauvais développeurs passés en freelance et la communauté des Travailleurs Du Web au sens large (qui évidemment brille par son professionnalisme).
Je suis extrêmement favorable à la mise en place d’un organisme corporatiste (comme l’ordre des médecins ou un truc dans le genre) qui puisse garantir aux clients et aux professionnels certaines normes et pratiques minimales. Aucune idée pratiquement comment ça pourrait se faire, mais si la profession ne se bouge pas dans les mois qui viennent, le problème risque de devenir criant.
Le principe serait en fait de garantir un certain niveau technique et les bonnes pratiques du métier (un devis clair, un vrai suivi de projet, des garanties pour le presta et le client, etc…), et de pouvoir aussi gérer éventuellement les cas litigieux.
Et vous vous en pensez quoi de cette situation?


le 22 February 2008 à 08h17
Pour ma part, je trouve cette situation très gênante, pour les clients et potentiels clients, c’est certain, mais également, pour tous les gens sérieux qui travaillent dans ce domaine. Difficile de tirer son épingle du jeu (si ce n’est par le bouche à oreille) alors que comme tu dis si bien, il est très difficile pour le client de se faire une idée du prestataire avec lequel il va travailler…
le 22 February 2008 à 08h43
Pour les deux parties, client et freelance, le mieux est de mettre au point un cahier des charges bien détaillé, même si c’est le freelance qui s’en charge, après une première réunion avec son client.
Cahier des charges validé par les deux parties, c’est un bon support en cas de litige. C’est clair que un brief donné au coin de la table entre deux bières ou par mail (genre je veux un site qui ressemble à untel) ça ne termine JAMAIS bien
le 22 February 2008 à 08h53
La raison de l’échec d’un projet ne vient pas toujours du côté du développeur freelance. Un projet avec une vague idée de copie d’un autre site, sans expressions des besoins. Des retours et des tests fantômes, on a pas toujours le temps de former le client a l’application et aux tenants et aboutissants du web, je pense que souvent les tort sont partagés.
le 22 February 2008 à 09h15
Oui, je pense également que les tords sont partagés. De plus, quels sont les clients prêt à payer 1/2 journée de travail à une journée pleine pour un cahier des charges ?
Néanmoins je ne peux qu’aller dans le sens de la création d’un organisme ayant la capacité d’apporter la crédibilité nécessaire à l’ensemble des professions concernées. Et le cas échéant la capacité à régler les litiges sachant que la dimension technique y est forte.
le 22 February 2008 à 09h27
Comme j’ai été victime de cette accusation de mauvais professionnel du web, j’estime que lorsqu’un travailleur du web s’entend dire qu’il est trop formaliste avec des cahiers des charges du suivi de projet et des délais….ca me fait bien rire. “Je voudrais cela plus bleu, plus gros, regardez genre .05mm plus bas”, j’eclate de rire…
Parler pixel alors qu’ils comptent en millimetre…demander un code pantone du logo…il faut se montrer plus que patient lorsqu’on aborde des mots comme ssl, solution de paiement, hébergement mutualisé ou dédié….
Et l’ordre des médecins, doit aussi souffrir des hypocondriaques qui se plaignent tout le temps d’être mal soigné…Je reconnais qu’il y a du monde qui se dit professionnel du web sans vraiement l’être. le suis-je moi même et selon quels critères? Un entreprenaute (ouch je viens de perdre 15000€) est il un pro de la gestion d’entreprise? bon cette phrase va me couter cher
le 22 February 2008 à 09h39
Et comment l’organisme de professionnels va-t-il sélectionner ses membres ? Comment empêcher un petit malin de s’afficher “membre d’or de Travailleurduweb” et donc de tromper le monde ? Par ailleurs, la plupatr de ces associations pro ont des cotisations payantes, qui ne sont jamais de l’ordre de 15€, mais plutôt 1500. Alors qui va être prêt à payer ?
(ce sont des interrogations pertinentes , pas du tout du flame :p)
le 22 February 2008 à 10h11
Je suis d’accord globalement d’accord avec toutes vos remarques… (plutôt très pertinentes jusqu’à présent)
Une situation d’échec ne vient (généralement) pas d’un seul côté, et je n’ai malheureusement pas la solution miracle pour résoudre ça.
Il n’empêche, nous devons réfléchir à cette situation et trouver un moyen (qui m’échappe encore) pour palier à ce manque…
Toutes les propositions sont évidemment les bienvenues
@Kilgore: je crois qu’on est d’accord, il m’est arrivé pas mal de fois de devoir repasser derrière un presta pas consciencieux… le travail de reconquête du client est dure et surtout ça plombe la profession
Je pense que pour l’instant cette question importante d’un corporatisme web ne c’est pas encore posé, mais qu’il va falloir que la profession dans son ensemble s’y mette un jour ou l’autre.
@Cisco: complètement d’accord, mais en général le client ne veut pas payer pour ce temps de conception (que le projet se finalise ou non)
@val1uM: là encore je ne peux que être d’accord, c’est aussi la responsabilité du professionnel du web de “forcer la main” au client pour avoir un descriptif de mission clair et précis
@FredMac: chuis d’accord
@Furax: chuis encore d’accord (décidément j’aime bien être d’accord!) que y’a des clients très très chiants… et je suis aussi d’accord sur ta réflexion (profonde) sur les critères qui caractérisent un professionnel… la question est lancée.
@Nathalie: aucune idée, aucune idée… et aucune idée…
le 22 February 2008 à 11h05
Ces problèmes (s’assurer du professionnalisme, descriptif de mission clair et précis, projets qui se terminent en noeud de boudin…) ne sont pas seulement limités aux freelances/indépendants…
le 22 February 2008 à 12h17
Une démarche du type opquast me semble très intéressante. Avec des documents types, et des process simples que la communauté tiendrait à jour.
Avec éventuellement des outils comme un système de suivi de projet à la basecamp ?
Brfe une espèce de petite stack de départ qui mettrait le pied à l’étrier.
le 22 February 2008 à 13h13
Mouais.. Je te suis pas vraiment dans le trip “ordre” ou “corporation”. Pour moi le problème c’est aussi un manque de reconnaissance de la profession par le client qui pense bien souvent pouvoir obtenir l’application qui tue exactement comme il l’avait pensée en moins de deux semaines pour un tarif de misère.. Et si t’est pas jouasse ben il peut aussi bien le faire faire par son petit neveu de 12ans qui a fait des sites internet lui aussi ;o) Attention je suis pas trop du genre clientophobe mais quand même c’est un peu trop facile cet article unilatéral, là ;o))) On peut être autant caricatural des deux cotés..
@thierry stiegler : effectivement la démarche opquast est super intérressante. Néanmoins n’oublions pas que celle ci n’est utilisable que pour une extrême minorité de gros projets où les clients acceptent de “perdre” du temps à mettre en place ce genre de dispositifs (même si au final on est d’accords ce n’est jamais une perte de temps)..
le 22 February 2008 à 16h53
C’est un bel objectif tout ça, qui s’approche d’un truc de la blogosphere d’entreprise, qui s’appelle le livre blanc. Mais en général, c’est une usine à gaz ou un cumul de généralité qui laissent pas mal de monde sceptique.
le 23 February 2008 à 00h01
Evidemment c’est vrai qu’il y a de sacrés guignols des deux cotés client/webmaster. Il m’est déjà arrivé de rencontrer un client potentiel - dans un café, autour d’une bière - pour un “super” projet, finalement le projet a changé trois fois de concept (totalement différents) en 15 minutes…
Je pense que les clients sérieux et professionnels sauront forcement s’entourer de gens sérieux et professionnels, surtout dans le domaine du web.
Si un client veux monter un projet web qui tient la route, il se saura un minimum renseigné sur les technologies, les solutions, les pratiques, etc. du coup il saura reconnaitre un vrai professionnel, freelance ou non d’ailleurs.
Ca marche dans l’autre sens aussi, un guignol avec un projet totalement incohérent, mal étudié, préparé, avec un budget risible, s’entoura d’un webmaster tout aussi incompétent que lui. Qui se ressemble s’assemble…
Sinon pour la mise en place d’un organisme, je reste sceptique, ça aurait une certaine tendance à trop formater et brider les pratiques des webmasters.
Si par exemple un freelance n’aime pas/n’est pas doué pour faire de cahier des charges, de rétroplanning ça ne l’empêche pas pour autant d’être professionnel et sérieux, ce qui en fera un bon prestataire quand même.
le 23 February 2008 à 16h10
Tout le monde y perd dans ce genre d’affaire. J’en ai vu des projets mal défini à la base qui finissent dans les choux.
Maintenant je m’assure de trois chose avant d’accepter un projet :
- que le client connaisse bien son boulot et ne sous-évalu pas le travail qu’il faut derrière.
- qu’il sache se qu’il veut.
- qu’il ne discute pas sur le prix (parce que sinon, soit il veut vous avoir, soit il n’est pas conscient)
Je ne crois pas que l’échec vient du fait que le dev est bon ou pas. La plupart des sites que j’ai pu voir son codé à l’arrache, mais ils tournent = le client est satisfait même si le dev à la mort d’avoir fait un travail baclé par manque de temps et donc d’argent.
Tout les client ne sont par forcément chiant. Il y a le client qui a un besoin, par exemple faire des ventes et qui se fout du reste, lui je l’accepte. Et puis il y a le client qui veut la même chose et qui croit qu’en se prenant pour le chef de projet designer il va mieux y arriver. Quel visiteur ne va pas acheter un article s’il voit que le bouton “commander” n’est pas une image png avec fond transparent ? Et c’est souvent les personne mal expérimenter qui veulent ce genre de chose.
Comme le dit Rémi, c’est pas parce qu’on est pas consultant, chef de projet et dev à la fois qu’on est pas qualifié. On me demande de faire une API avec load-balancing s’il le faut, pas de problème! Mais si on me demande de proposer une nouvelle charte graphique plus intuitive et qui transformera mieu , la je dis stop.
le 23 February 2008 à 22h30
je suis fort fort d’accord avec le “Qui se ressemble s’assemble” de Rémi.
bien choisir un freelance, c’est facile si on s’y connait soi-meme.
sinon c’est risqué.
un peu comme si moi je devais choisir un bon chauffagiste !
et comme j’y connais rien au monde du chauffage, si il existe un ordre des chauffagistes, je ne le saurai de toute façon pas.
C’est mon problème, et celui de plein de gens, et il ne sera pas plus criant dans quelques mois que maintenant…
le 24 February 2008 à 11h17
@dJeePe: je suis d’accord… les autres formes de professionels (agences, webagency, etc…) sont aussi concerné par ce problème
@Thierry Stiegler : je connaissais pas opquast, mais je me renseigne… perso j’adore basecamp (ou les clones OpenSource dispo) reste encore à l’utiliser au mieux et régulièrement
@redpeppers: je suis complètement d’accord, mon but n’était pas de faire un article unilatéral, loin de là… j’essayais juste de pointer du doigt des cas classiques (ok j’ai pas fait les cas classique des clients chiants… bonne idée d’artcle btw) où un projet va dans la mur par la faute du manque de professionnalisme de certains. Je ne tire pas sur les freelance (je l’ai été pendant un an et la plupart des free que je cotoient sont très très pro) mais sur jmenfoutisme de certains… qui pourissent le métier
@Rémi: je suis pas complètement d’accord avec toi… quelqu’un qui a une stratégie claire, une bonne idée de son application finale, du financement, etc… n’est pas obligé de connaître les techno pour faire réaliser son projet et je ne vois aucune moyen concret de séparer un bon d’un mauvais dev, comme ça à vue de nez (pour les recruteurs c’est le même problème, si la méthode miracle existait cela se saurait et je serais déjà archi milliardaire)
Je ne pense pas que le problème vienne de la méthode ou de l’abscence ou non de cahier des charges (certains s’en tirent très bien sans), mais plutôt d’une charte de conduite ou d’un label qualité qui assurent au client et au professionnel certaines bonnes pratiques.
@Martin Panel: je suis d’accord qu’on a jamais le temps de faire comme on voudrait le faire (un code propre, etc…) mais il y a une différence fondamentale (et la plupart du temps cela prend entre 5 à 10% de temps pas plus) entre un code qui marche mais cradoc et illisible et un code qui marche et qui est maintenable… je suis aussi d’accord que on peut pas tout faire, la question n’est pas vraiment là, mais plutôt d’avoir un minimum d’expérience pour savoir tout simplement gérer un client
@Jimmy: si je te comprends bien, donc si mon chauffage tombe en panne et que je suis pas plombier/chauffagiste je suis niqué? désolé mais je peux pas cautionner ça… les électriciens (et plein d’autres métiers) ont bien des organismes qui garantissent un certain niveau de service, nan? Jamais je ne pourrais accepter que quelqu’un se fasse maltraiter simplement parceque il en fait partie du business, c’est véritablement notre métier et notre crédibilité (à tous) qui en souffre à chaque fois.
Mon article a peut être été un peu dans un seul sens… et pas assez explicite sur certains domaines, quelques autres articles sur ce sujet épineux client/fournisseur/services/suivi de projet risquent de suivre… en tout cas j’attends toujours votre avis/expériences
le 25 February 2008 à 12h48
As tu lu ?
http://www.glagla.org/weblog/2008/02/19/acheter-des-prestations-en-informatique-3-comment-garantir-la-qualite-du-code-de-vos-developpements-au-forfait/
le 26 February 2008 à 21h13
Bonjour,
Je suis l’auteur du post cité plus haut. Je suis d’accord avec Rémi ; acheter des projets informatique relève d’une vrai compétence spécifique.
L’industrie du web est assez jeune, il faut s’attendre à une maturation importante de l’offre et de la demande qui résoudra les problèmes évoqués ici.