C’est une question qui est dans l’air du temps… les projets s’accumulent et les travailleurs du web à débaucher ou embaucher se font rare. Comment pallier à ce manque de main d’oeuvre?
La délocalisation peut être une solution, en particulier dans les pays émergeant à prix sacrifiés comme l’Inde, le Vietnam, la Bulgarie ou encore la Roumanie. Ces pays offrent nombres de prestations (développement, graphisme, flash, etc…), mais attention aux pièges!
1. bien sélectionner l’entreprise
C’est extrêmement important. Ne vous laissez pas séduire par la sirène d’un prix vraiment bas, ou de compétences couvrant tous les domaines, renseignez-vous, testez la réputation de l’entreprise, contactez des entreprise qui ont déjà délocalisé leur production dans cette entreprise, etc… Testez l’entreprise avec un petit projet pour voir leur réactivité, leur méthode de gestion de projet, la qualité de leur production, etc… C’est très important avant de vous engager dans un projet d’être sûr de votre partenaire.
Un mauvais choix d’entreprise peut se solder par des choses extrêmement déplaisantes, comme la nécessité de reprendre le projet à vos frais (et donc d’engager des freelance pour finir le projet par exemple), de dénoncer le contrat ou encore de délocaliser la délocalisation (un comble mais ça arrive…)
2. bien normer le projet
C’est une étape extrêmement importante. Définissez ensemble le scop du projet, voyez ce qui est délocalisable et ce qui ne l’est pas et confiez à l’entreprise une mission claire (quitte à l’étendre si tout se passe bien).
3. de la documentation
Définissez une langue commune (si besoin, le mieux reste l’anglais pour les délocalisation dans des pays exotiques) et soignez votre documentation, ce seront les bases de travail avec vos nouveaux partenaires: brief, story-board, story-board détaillé, cahier des charges, spécifications techniques (bien soigner ce document en particulier). Sans être trop verbeux, soignez ces documents, plus ils seront précis moins vous risquerez de mauvaise surprise (du type: cette fonctionnalité n’était pas dans le cahier des charges, on ne fait pas… glurps)
Faites extrêmement attention à la définition des différents termes, même dans une langue commune, comme l’anglais, un terme pour vous ne veut pas spécialement dire la même chose, donc soyez précis et au besoin mettez des définitions des différents termes importants.
4. un suivi de projet “à la culotte”
Même avec tout cela, un suivi de projet des plus serré est impératif. La pire des configuration est de ne pas avoir le temps de suivre le projet délocalisé et de se retrouver à quelques jours de la livraison finale avec un produit qui ne correspond pas aux demandes du client ou qui est difficilement installable ou peu maintenable.
La meilleur des configuration (mais qui est la plus couteuse) reste d’envoyer une personne de confiance sur place (de préférence qui connait la langue et qui comprend la culture locale) pour suivre le développement du projet.
Si vous ne disposez de personne (ou n’avez pas les moyens) pour aller sur place, prévoyez des livraisons quotidiennes sur un serveur de test pour voir l’évolution du projet, un rendez-vous téléphonique quotidien… et un rendez-vous physique régulier (hebdomadaire ou mensuel suivant la taille du projet).
Le but est de ne pas perdre pied et de garder la main sur le projet. Certes vous déléguez la réalisation du projet à une entreprise tiers, mais vous devez rester le maitre d’oeuvre du projet.
5. ne pas perdre la main
C’est un point essentiel, même si vous ne développez pas le produit, quelqu’un de votre équipe technique doit suivre de très prêt le développement pour être à même de pouvoir installer, modifier, améliorer le produit final qui sera livré au client.
En général un projet a toujours besoin de modifications, d’améliorations et ces tâches ne seront pas spécialement exportées, donc prévoyez du temps d’une personne de votre équipe pour suivre le développement en cours.
6. transparence
N’éludez pas la question face à votre client, il n’y a aucune honte à ne pas avoir les ressources suffisantes pour effectuer le projet. Dites à votre client quelle entreprise vous avez sélectionné, venez même à un rendez-vous avec un responsable de cette entreprise.
Le pire est de se faire démasquer par votre client final, d’avoir du faire appel à une entreprise extérieur, sans l’avoir dit (par exemple en regardant le suivi du projet sur un serveur situé en Roumanie, ça risque de lui donner la puce à l’oreille, donc faites attention).
La délocalisation n’est pas la solution à tous vos maux (en matière de staffing et de gestion des couts) mais peut être une bonne solution, si elle est bien mise en place. Cela veut en général dire pour les projets de grandes dimension un chef de projet fonctionnel et un chef de projet technique à plein temps sur le suivi de projet, ce qui n’est pas négligeable.
Il n’empêche vous pouvez économiser sur les coûts de développement.
Pour finir avec une note tout à fait personnelle, pour l’instant je n’ai pas cu de projet de délocalisation qui se soit parfaitement passé (principalement du au fait de ne pas faire justement ce suivi “à la culotte”), ce qui ne veut pas dire que la solution n’est pas viable, juste qu’il faut vraiment y mettre les moyens pour être sûr de faire de vrais économies.
Et vous vous avez des expériences de délocalisation réussie?